C’est la reprise pour The Walking Dead, qui s’est offert un petit extra-time de repos après 8 épisodes, alors que pas mal de séries ont repris le mois dernier. On était partis sur une surprise, qu’en est-il de ce retour ?

ATTENTION, SPOILER TRANSITIONNEL

Dans l’épisode 8, juste avant la pause, nous étions abandonnés avec le corps de Beth sur les bras. En effet, la série a jugé bon de tuer un personnage qu’elle s’était évertuée à essayer un tant soit peu de développer quelques épisodes plus tôt, ce qui, même si pour nous ca ne nous a pas donné plus d’intérêt pour elle, a pas mal surpris, au point que des pétitions ont même vu le jour pour la ramener. Ah, la fanbase… Mais bref, Beth a voulu jouer les téméraires en essayant de tuer avec des ciseaux (!…) la flic Dawn, et celle-ci le lui a bien rendu en lui collant une balle dans la tête. En réaction, Rick inflige le même sort à Dawn. L’épisode se finissait sur la jonction de tous les membres autour du corps sans vie de Beth

A présent, Noah, le mec qui court le plus bizarrement du monde, décide d’emmener tout le monde chez lui, en Virginie… à 8000km. Qu’à cela ne tienne, ils s’y rendent, pour trouver l’endroit infesté de zombies…

©AMC

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First things first : nous devons préciser qu’il s’agit d’un épisode fait par les producteurs Greg Nicotero et Scott Gimple. Partant de cette information, on sait déjà que la série va offrir un petit quelque chose à ses fans, forcément, sinon ils ne se déplaceraient pas eux-même pour réaliser l’épisode. C’est en effet ce qui arrive… au bout de 20 minutes, soit la moitié de l’épisode. Avant, comme d’habitude, il ne se passe rien. Rien de rien. Ce qui nous est offert, c’est un Andrew Lincoln qui tire la tronche, Noah qui se paye une crise existentialiste avec la mort de Beth, et Tyreese qui nous prêche la bonne parole avec les plus agaçants discours moralisateurs qui soient. Quelques flashbacks et flashforwards agrémentent le tout, expliqués à la fin de l’épisode : ils font partie des quelques bons éléments, puisqu’ils réussissent quelque peu à nous tromper sur leur signification. Notons enfin que l’épisode fait totalement l’impasse sur les réactions personnelles de tous les personnages: seul Noah y a droit, et la réponse apportée est celle de Tyreese, qui lui dit pour le réconforter : « moi aussi j’ai connu ca, mais j’ai choisi de vivre ». Dialogues brillants de profondeur, comme toujours. Mais rien de la part de Carol ou Maggie, l’épisode ayant choisi de se concentrer uniquement sur un petit groupe de déprimés Glenn, Tyreese, Rick, Noah et Michonne

©AMC

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Et puis au bout de 20min, même si cela arrive avec un effet de surprise reconnaissable à des kilomètres, un personnage (pour ne pas révéler si femme ou homme) se retrouve dans la merde. Le personnage y tombe, et ne va cesser de s’y enfoncer tout l’épisode. Comme on l’a dit, l’épisode étant écrit par les producteurs, il était quasi assuré de voir un personnage relativement important jeté en pâture. Si ce personnage est un petit peu plus important que Bob, de la part de qui nous avions eu droit à toute l’agonie pendant 45min pour un résultat exaspérant, la série fait preuve d’une certaine originalité du propos en jouant la carte de la torture psychologique. Des hallucinations vont en effet lui arriver, et le personnage va voir « revivre » sous ses yeux, entre autres, Bob et… Le Gouverneur. Oui, coucou le petit passage fanservice, mais passage plutôt surprenant, et je dirais même plus agréablement surprenant. Voilà, LA, la série tient le bon bout, il y a quelque chose à exploiter. Sauf que plutôt que d’exploiter cette veine, la série américaine fait de la série américaine : il n’y a guère que le Gouverneur qui a un discours intéressant et qui aurait mérité plus de développement par rapport à l’inconscient du personnage. Au lieu de cela, l’épisode se complaît dans l’héroïsation passive du personnage, et refait les mêmes erreurs que lors de l’épisode de la mort de Bob, avec l’agonie du personnage offerte à nos yeux. Sauf qu’à la place des vivants qui se succèdent pour dire au revoir, ce sont les morts.

Les flashbacks de la fin de l’épisode se transforment par là en flashforwards, et ne sont pas trop mal ficelés. C’est toutefois assez léger, mais surtout décevant, alors qu’on pensait repartir sur de bonnes bases. A croire que The Walking Dead ne sait gérer que ses épisodes introductifs, et que sans les producteurs à la baguette, un épisode ne vaut pas tripette… Dommage, vraiment, car il y a (ou avait ?) quelque chose à faire. Même les acteurs semblent tous timorés (Andrew Lincoln, Danai Gurira), voire surjouent, comme Tyler James Williams (Noah). The Walking Dead est bien l’un des plus beaux gâchis de séries qui soit. Rendez-vous la semaine prochaine pour un épisode qui fleure bon la déprime post-mortem !