Things People Do est la première réalisation de Saar Klein, qui signe également le scénario, monteur avéré de films tels que Le Nouveau Monde et La Ligne Rouge de Terrence Malick ou encore La Mémoire dans la Peau de Doug Liman.

Bill (Wes Bentley), père de famille dévoué, perd son travail du jour au lendemain. Il n’a alors pas d’autre choix que celui d’entrer dans l’illégalité. Quand il se lie d’amitié avec un inspecteur de police (Jason Isaacs), c’est sa double vie qui risque à terme d’être révélée…
Ce long métrage, qui promettait de bonnes choses, se révèle être une petite déception. Si la forme comporte peu de défauts, nous ne pouvons pas en dire autant pour le fond. La faute à un scénario relativement superficiel et vide qui nous laisse un sentiment profond de déjà-vu. En effet, là où il pourrait innover et nous étonner, il n’en fait rien. Ce film subit un rythme des plus lents – non pas que cela soit une mauvaise chose – et l’histoire ne décolle jamais. Alors certes, nous assistons au changement progressif du personnage principal qui bascule peu à peu dans l’illégalité mais à aucun moment le spectateur ne s’inquiète de ce qui peut lui arriver. Nous contemplons ses actions impassiblement, pourtant la caméra ne le quitte que très rarement – à coup de gros plans répétitifs – mais l’identification ne prend pas.

 

things people do

© Chrysalis Films

Tout n’est pas à jeter ici. Cette piscine que le réalisateur utilise comme métaphore de la descente aux enfers du protagoniste – cette eau qui le punit et le purifie – était une idée intéressante. Hélas encore une fois, rien de bien inventif. Il semblerait que Klein n’aille pas complètement au bout de ses idées, à l’image du flic qui nous paraît bien sous exploité. Il n’a de consistance qu’à travers le personnage de Bill. Le thème du film est la place de la morale dans notre société et pour cela, il pose les bonnes questions. Il nous confronte à une réalité qui met en situation des personnages droits qui rejettent toute morale à des fins personnelles. C’est, finalement, celui qui s’enfonce dans l’illégalité qui conserve une part de bonne conscience. Par ailleurs, le cinéaste maîtrise la mise en scène aussi bien que le montage. Il s’est beaucoup investit dans ce film et cette envie de bien faire en ressort. Quant à la prestation de Wes Bentley, apparu rappelons-le dans American Beauty de Sam Mendes ou le premier Hunger Games, elle est remarquable. Il s’affirme et nous offre un rôle de composition sur mesure.
Things People Do est à voir pour son acteur principal et sa mise en scène – en grande partie – mais son histoire, si souvent portée à l’écran, apporte peu d’originalité. Dommage.

Le film sort le 18 février 2015