Nouvel épisode et nouvelle introduction de personnage dans Gotham…

ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL

Dans l’épisode précédent, Fish Mooney, en fâcheuse posture, était mise sous le joug d’un bourreau. Libérée par son bras droit Butch, elle réussit à s’enfuir, mais celui-ci est capturé après un affrontement avec Victor Zsasz. Fish s’enfuit par bateau, non sans faire un baiser d’adieu à… Bullock. Falcone a donc repris le contrôle, et le Pingouin s’est approprié le club de Fish. Gordon, de son côté, réussit un coup d’éclat en faisant arrêter un inspecteur haut-gradé corrompu. Enfin, Selina Kyle annonce à Bruce Wayne qu’elle est une menteuse et n’a rien vu du meurtre de ses parents.

Now, Fish est sur un bateau loin de Gotham, mais juste avant d’embarquer a lâché une petite bombe : elle téléphone à Maroni pour lui dire un secret assez fâcheuxBullock a affaire à un meurtrier qui tue des gens d’un groupe de soutien pour partager les peurs, les assassinant en leur faisant vivre leur pire cauchemar. Gordon fait table rase du passé, ou du moins essaie, en ramenant les clés de l’appartement de Barbara chez elle. Et Selina Kyle disparaît après lui avoir dit la même chose qu’à Bruce.

© FOX

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Episode charnière pour Gotham ! Si celui de la semaine dernière avait quelque peu enclenché une vitesse supérieure pour les good guys, avec notamment la mini-révolution opérée par James Gordon en arrêtant un inspecteur corrompu, s’imposant par là comme le vrai contre-pouvoir / (anti-)héros de la série, le même basculement commence à se dérouler pour les bad guys. Notamment pour un Pingouin que Fish veut mort depuis déjà nombre d’épisodes et Maroni qui a quelques doutes. Cela dit, au vu du cliffhanger final, Fish n’est pas en meilleure posture… L’épisode a un grand mérite, c’est celui de nous introduire à la famille Crane, père et fils (celui-ci étant encore jeune). Tout l’épisode tourne autour du maître mot de celui qui deviendra l’un des principaux ennemis du Chevalier Noir : la peur. Il suffit, du point de vue de l’intrigue, de voir le mode opératoire du tueur (dans le genre Seven, mais avec bien plus de possibilités). Et du point de vue des personnages, ne serait-ce que le Pingouin, acculé de tous les côtés, personnifie la peur, comment la ressentir, mais aussi comment l’utiliser. Même Gordon, d’un point de vue sentimental, transpire la peur : trait définitif tiré sur sa relation avec Barbara, new life avec le docteur Thompkins. Et que dire de la scène, certes un peu cliché, mais touchante, de Harvey qui se rend au cercle des phobiques anonymes annoncer sa peur de la mort…

Le côté psychologique, c’est ce qui est mis en avant dans cet épisode. L’intrigue joue les avants-goûts concernant la famille Crane, mais au fond se sert de ce qui tourne autour d’eux (la peur) pour attaquer les personnages au plus profond d’eux-mêmes. C’est ainsi que le gros nounours Bullock se voit totalement désarmé et désemparé quand la jolie rousse Scott, organisatrice du cercle anonyme, vient lui demander son aide, tombant amoureux et orientant son enquête et ses sentiments personnels en fonction de cela (sans rire, Bullock qui dit à James « sois plus optimiste », ca relève de la blague, non ?). Ainsi, ce côté rustre sans finesse, qui fait un peu penser à Jean Renoir dans la Règle du Jeu (toutes proportions gardées), et que l’on a pu apercevoir en fin d’épisode précédent est saisissant ici, puisque c’est tout ce qui forme le personnage, le façonne et le guide. Et l’attachement au personnage d’en être plus fort, touchés que nous sommes. Pas une idée révolutionnaire, mais efficace. Comme la fin le démontre, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Dans la même veine, le développement du personnage de Nygma, fonctionnant petit à petit, est de plus en plus passionnant. Sans spoiler, on peut dire qu’il montre un peu plus son côté pervers dans cet épisode, pour notre plus grand plaisir… La série a là une belle réussite, celle de savoir développer ses personnages, de longue ou de courte haleine.

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Au rayon déceptions, toutefois, on regrette, du point de vue de James, qui dans l’épisode précédent fait face aux méthodes musclées du Pingouin, que ne soit pas développée cette idée de contre-pouvoir, qui implique nécessairement le recours à une des forces en présence, et ce en dépit des valeurs. Il y a là un vrai filon à exploiter, et il s’est vu faucher en plein vol. Le temps d’une réorganisation ? Celle-ci, même minime, s’avère nécessaire pour Bruce et Selina. La seconde commence à suivre une trajectoire à la Beth de Walking Dead, c’est- à-dire un dévoilement par étapes du personnage, tout ca pour faire retomber le soufflé en la mettant hors-jeu plus ou moins temporairement. C’est au mieux maladroit, au pire embêtant. Selina n’est déjà pas un personnage très enthousiasmant, si en plus elle continue à ne servir à rien… Quant à Bruce, on espère que sa fin de « romance » avec Selina va permettre de donner un coup de fouet à un personnage en perte de vitesse depuis l’épisode de l’attaque du manoir Wayne, juste avant la pause de Noël. La scène de « rupture » vue dans l’épisode sera, espère-t-on, la dernière, parce que ce genre de tournure agaçante ne devrait pas être autant un cheveu sur la soupe dans une série qui a prouvé sa subtilité. Et puis ce malheureux Alfred au chômage technique, ce serait malheureux…

Quelques imperfections que l’on espère voir résolues, mais globalement, c’est une nouvelle réussite pour Gotham !