Hacking, alien, conspiration… The Signal est un film de SF indé mystérieux qu’on tente de décoder ci-dessous.

A hacker, hacker et demi. Deux étudiants en première année au MIT, Nic et Jonas, vont l’apprendre à leurs dépens. En pause estivale et en plein road trip vers la côte ouest avec la petite amie de Nic, Hailey, ils se retrouvent nargués par un illustre hackeur, Nomad, qui a pénétré les serveur de l’institut et accédé à bon nombre de leurs données personnelles. Ils se mettent en tête de le retrouver et débarquent dans un coin perdu du Nevada… et une bâtisse abandonnée. Les choses tournent mal, et Nic se retrouve dans un centre de recherche souterrain pour quarantaine, et interrogé par un homme (Laurence Fishburne) qui lui apprend qu’il a été infecté par une entité biologique extraterrestre.

Malgré la jaquette du DVD, « The Signal » prend beaucoup de temps avant de dévoiler ses cartes. William Eubank (LOVE) compte avec une production plus léchée que la moyenne, et prend le temps de connaître les personnages, leur dynamique de meilleurs potes, le handicap de Nic, aussi bien physique – lié à une mauvaise chute en athlétisme – que psychologique qui conduit à sa rupture. Le mystérieux homme incarné par Fishburne est le catalyseur et l’énigme même de la première partie de « The Signal ». Grâce à sa débrouillardise et son intelligence, Nic tire son épingle du jeu alors que Eubank tire le meilleur profit de son budget, étroit mais commode. Les couleurs cliniques angoissantes ont déjà été vues ailleurs, mais le long tunnel et les longues focales abondantes dénotent bien de la volonté de « The Signal » de faire repousser les limites de son personnage principal, et la mélancolie abondante du trou dans lequel il les a amenés.

Les qualités plastiques et le soin raffiné de sa présentation du trio dérapent très vite dans sa seconde partie. Eubank laisse le spectateur dans les dédales de son recyclage : conspiration gouvernementale? Invasion alien? Réalité parallèle? Humanoïdes (et ses associés)? Tout ça et bien plus, mon général. Et à force d’avoir laissé mariner son public en première partie, Eubank et ses deux coscénaristes multiplient les enchaînements et twists, en y ajoutant une pincée d’humour assez navrante. Le tout avant des derniers plans qui ont des relents de fantaisie new age très malvenue. La réalité de « The Signal » va transcender ses personnages, mais pas le genre, reposant sur le charisme consistant d’un Fishburne qui ne vient pas cabotiner. La dynamique de groupe est également rompue, ce qui est tragique pour Nic, mais surtout pour le film lui-même. Olivia Cooke (le futur « Ouija ») fait les frais d’un personnage féminin honteusement sous-écrit, réduit à jouer les utilités, quelque part entre le talisman de Nic et son seul repère psychologique. Une faiblardise qui ne pardonne pas.

L’élégance plastique et les références du genre visiblement bien digérées ne pallient pas à un « Signal » malheureusement vite vu et vite oublié. En ne cédant pas aux sirènes du « young adult » facile ni à la SF d’aventure spectaculaire « The Signal » se retrouve étouffé au final. En reste une curiosité de genre et un réalisateur à suivre malgré tout.

signal

Disponible sur les plateformes VOD depuis le 30 janvier