Maintenant que la saison 1 a repris, Gotham a décidé de passer la vitesse supérieure. Très supérieure…

ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL

Dans l’épisode précédent, Jim Gordon avait finalement obtenu sa réintégration dans la police à la faveur de l’arrestation de Jack Gruber. De l’autre côté, Fish Mooney était mise en très grande difficulté auprès de Falcone. En effet, Le Pingouin, agent double pour le compte de Falcone, a révélé à celui-ci la vraie nature de Liza, sa cuisinière : une espionne au service de Fish Mooney. Abattu, Falcone s’est rendu au QG de Fish pour tuer Liza de ses propres mains et descendre tous les hommes de main de Fish. Celle-ci est faite prisonnière…

Now, Fish est donc à la merci d’un bourreau engagé par Falcone. Gordon, quant à lui, fait face au meurtre d’un dealer… qui pourrait en fait être bien plus que ca, touchant jusqu’aux hautes sphères de la police elle-même. A noter aussi le retour de Bruce Wayne, à la recherche de Selina Kyle

Gotham

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Après le très sympathique épisode de reprise, posant les jalons d’une deuxième partie de saison haletante et effrénée, Gotham a décidé de ne plus reculer devant aucun… sacrifice, dans tous les sens du terme. La thématique développée depuis un certain temps par beaucoup de séries, au premier rang desquelles Game of Thrones et The Walking Dead, du « no one is safe » s’applique désormais à Gotham. Un exemple criant en est le Pingouin, qui a bien compris pour en avoir fait les frais que dans cette ville, chaque faux pas peut être fatal. Mais l’exemple le plus symbolique est Jim Gordon, déterminé comme un taureau prêt à charger, et aux valeurs d’intégrité inébranlables, même si cela implique de mettre quelques coups au passage. Seulement voilà, les cartes ont été rebattues, des alliances dévoilées au grand jour, et les enjeux comme les rapports de force modifiés. Et cela, Jim l’a bien compris, et tente de profiter de la confusion ambiante pour maintenir l’ordre dans Gotham, cela sans rechigner à mettre ses collègues policiers devant leurs responsabilités avec un discours véritablement bien calibré et impactant en fin d’épisode. Ce discours est particulièrement bien maîtrisé dans la mesure où il intervient alors que la tension liés aux évènements autour (suspicion dans la police, Fish Mooney, etc) commencent à prendre une ampleur inquiétante. Et au travers de l’interprétation de Ben McKenzie, on croirait presque déjà se profiler Gary Oldman, qui joue dans les films.

A l’image de son personnage principal, la série gagne en maturité, dans le sens spirituel, mais aussi dans le sens physique : tel un fruit qui pousse, Gotham, sans jamais brûler les étapes, a fait tranquillement son petit bonhomme de chemin, gagnant en macrocéphalie en tant que série et en tant que ville. Mais le mieux, et c’est vraiment un point important dans l’appréciation de la série, c’est qu’elle réussit à faire le juste milieu entre l’intégrité presque canonique du personnage de James Gordon et le fait de ne pas trop faire de son personnage principal un héros ou même un héraut, champion de l’ordre en vert et contre tout Gotham. Elle lui a laissé son honneur, même quand celui-ci était traîné dans la boue au moment de sa dégradation au poste de maton à Gotham, mais ne lui a pas laissé le choix en l’obligeant à se plonger les mains dans le cambouis : ici, Gordon est obligé, pour faire valoir ses (les) droits, de faire appel au Pingouin, et de découvrir à quel point le rite d’initiation est douloureux, et à quel point la chance ne vaut rien face à la débrouillardise et la subtilité. C’est donc une nouvelle ère qui s’annonce pour les camps mafieux et policiers : no one is safe, yes, but no one is to be so easily trusted, too. La fin de l’épisode, qui a valeur de double cliffhanger mais aussi de suite ouverte le démontre largement. Welcome Back, Jim Gordon : I was expecting you, semble dire Gotham.

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Toute cette intensité aurait pu tenir l’épisode entier. Le seul reproche que l’on peut faire à cet épisode est la petite « pause » Bruce Wayne, dont on apprend qu’il a été se réfugier quelques semaines en Suisse après l’attaque du manoir Wayne. Une fois n’est pas coutume, ce petit passage entièrement consacré à la découverte amoureuse du jeune Bruce à la recherche de la féline Selina nous a quelque peu agacé, d’une part par sa mièvrerie, mais aussi par le fait que le passage fasse un peu cheveu dans la soupe, contrastant avec le reste de l’épisode par sa lenteur et sa quasi- inutilité qui ferait passé Mazouz, Bicondova et Pertwee pour des guest-stars. Inutilité qui se répercute de plus en plus sur les personnages de Selina et de Ivy, dotées d’autant de relief qu’un poisson rouge.

Au rayon interprétations, on l’a dit, on a été stupéfaits par Ben McKenzie, parfait dans le rôle du justicier légèrement torturé. Jada Pinkett Smith fait également montre de son talent dans le rôle de la femme blessée. Mais il faut donner une mention spéciale à Anthony Carrigan, dans le rôle de Victor Zsasz, terrifiant à chaque apparition ! Enfin, Robin Lord Taylor dans un rôle presque comparable à celui de Michael Corleone est toujours aussi impeccable, et Cory Michael Smith en Nygma est toujours juste dans le rôle de l’introverti mais pas trop, contenant sa rage prête à exploser

Gotham continue donc à nous étonner épisode après épisode. Vivement la suite !