La Nuit Au Musée est l’exemple à ne pas suivre pour une franchise : un beau succès pour le premier, une copie pour le second et un troisième des années plus tard pour relancer la machine et les acteurs… et l’intérêt du public

Seulement si pour Men In Black, la machine a plutôt bien fonctionné, pour la Nuit Au Musée, il semble que le public n’a pas répondu présent. Malgré un score inespéré de plus de cent millions de dollars à l’heure actuelle, la franchise n’avait pas vraiment besoin de revenir.

Le second ne proposait rien de bien excitant et surfait évidement sur le succès du premier film. Pourtant, ce troisième opus réussit à se réinventer avec deux ou trois idées bien fichues qui auraient mérité un meilleur traitement.
Il faut voir le premier tiers du film péniblement arrivé à nous intéresser. Le film commence comme un mauvais La Momie pour se poursuivre avec le héros, joué par Ben Stiller, et son fils ado. On voit déjà les spectateurs lever les yeux au ciel. S’il n’est pas le boulet espéré, le fils n’est cependant pas une idée intéressante et percutante dans le film. Le thème du passage à l’age adulte est maladroitement traité voire même souligné un peu trop pour tenir l’heure et demie réglementaire. Car oui le film dure à peine 1h30. On sent le peu d’inspiration transparaître pendant de longues minutes avant que l’intrigue prenne enfin un autre rythme dès lors que Lancelot apparaît. Il apporte dynamisme et sang frais autour de personnages qui n’ont rien à offrir entre Attila, Laaa (joué par Ben Stiller) et même Robin Williams en Roosevelt. Les gags les plus éculés (chute, singerie) seront heureusement effacés par des personnages secondaires nouvellement ajoutés comme Lancelot donc mais aussi la gardienne jouée par Rebel Wilson qui fait son spectacle.

nuit au musée

©20ThCenturyFox

Le scénario est assez simpliste mais revenir à l’origine de cette malédiction / bénédiction qui rend vivant les statues est intéressante. On aurait juste aimé un peu plus de travail sur les rebondissements. On pourrait rapprocher le suspens final avec Toy Story 3 et ce sentiment que la magie va disparaître, que la fin d’une ère est proche, que la magie qui fait briller nos yeux doit s’arrêter. Pour La Nuit au Musée 3, voir les statuts de cire s’animer est proche du fantasme de voir les jouets bouger. Là, le film arrive à pointer du doigt l’aspect magique. Dommage que l’émotion soit assez courte.

On notera des idées qui renouvellent la franchise comme quelques objets exposés qui apportent une imagerie nouvelle (les trophées des animaux, les statues d’art moderne) comme dans cette séquence vraiment bluffante dans le tableau de Maurits Cornelis Escher, Relativité. idée qui aurait du être plus creusé pour offrir un peu d’épaisseur au film. La séquence est filmée de main de maître par Shawn Levy. Bluffant.
Autre idée qui fait plaisir, un caméo de choix (ou deux mais le second est éclipsé par le premier) qui se permet le luxe d’être la scène la plus drôle du film. Les personnages sortent enfin de leur musée et brisent un peu le semblant de cohérence du concept. Comment la tablette fonctionne t-elle ? Faut-il être près d’elle pour s’animer ? Imaginez le bordel si le film était ambitieux ? La Statue de la Liberté referait le même coup que dans SOS Fantômes 2.

Suite réussie mais film dispensable, La Nuit au Musée 3 avait les ressources nécessaires mais vient 5 ans trop tard. Sans véritable passion mais avec un peu de fraîcheur, le film parviendra à divertir au fil des minutes.