Derrière la caméra d’Angelina Jolie, un Jack O’Connell (un peu bronzé) est sublimé dans ce film de guerre inspiré de faits réels.

Les épreuves du quotidien, les déchirures de la guerre, et la souffrance émotionnelle, semblent être des sujets de prédilection pour Angelina Jolie. Pour son deuxième long-métrage en tant que réalisatrice, après Au pays du sang et du miel, où elle traitait du conflit de la Bosnie-Herzégonovine, elle s’attaque cette fois-ci à la seconde guerre mondiale, et plus exactement au sort d’un coureur américain d’origine italienne du nom de Louis Zamperini, bombardier pour l’armée, puis prisonnier de guerre au Japon.

invincible

©Universal

Le parcours atypique de ce jeune homme permet au film de s’inspirer librement de sa vie romançant un peu l’ensemble. En effet, il a couru aux JO de Berlin avant le début de la guerre, ce qui lui a valu une petite renommée en tant que prisonnier, et on a le droit aux flashbacks habituels de son enfance à sa course officielle, toute la première partie de ce biopic. Toute la période dans les camps a été reprise sur la biographie de Zamperini (décédé cette année) du même titre, et des mémoires qu’un de ses co-prisonniers a sorti quelques années plus tôt. Pour le scénario, ce sont les frères Coen qui signent le script, assez épuré, et assez facile « if you can take, you can make it » (si tu peux encaisser, tu peux le faire). Ici, on suit l’héroïsme d’un seul homme, littéralement contre vents et marées. Le plus grand héroïsme est celui de l’homme lambda qui réussit à survivre aux plus grandes souffrances qui lui tombent dessus.
Invincible est assez longuet et manque de personnalité. C’est comme si on commençait par une compétition à la Les chariots de feu, suivi d’une dérive à l‘Odyssée de Pi, pour finir sur La grande évasion. La partie dans les camps, on s’en doute, est la plus difficile à supporter, les tortures, les épreuves physiques et émotionnelles de chacun. Cet officier, l’Oiseau (de malheur), va se poser en antagoniste tout le long du film. Il y a de très beaux moments, mais on cerne mal le personnage principal et son charisme. A trop vouloir en faire un héros, on ne réussit pas vraiment à s’attacher.

invincible

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Quelque chose me chiffonne quand même. Pour des soldats américains, il y a beaucoup d’acteurs anglais… Jack O’Connell déjà, qui est incroyable dedans et qui ne fait qu’évoluer depuis son rôle de petit mod de Bristol dans Skins, puis Domhall Gleeson, et Harry Treadaway… où sont les vrais Américains ? Je ne nie pas leur talent, au contraire, mais ce sont des détails non négligeables quand on essaye de paraître authentique. Et OH, MON DIEU, une ancienne part de moi qui écoutait de la j-pop une décennie auparavant a eu une syncope en voyant Miyavi à l’écran. Oui, le chanteur de visual kei, exemple parfait du bishonen, lui-même. Le voir dans un rôle d’officier japonais est une expérience assez étrange, et franchement, il ne colle pas vraiment au rôle. Surtout que son jeu dégoulinait d’arrogance et sa marche militaire avait encore besoin d’être maîtrisée. Bref, la totalité du film repose sur les épaules d’O’Connell, et malgré un talent monstre, ça ne fait pas tout, même si cela reste une leçon de vie historique.

(P.S. : Petite anecdote, le vrai Zamperini a refait un tour au Japon pour pardonner à ses tortionnaires, et seul l’Oiseau a refusé de le rencontrer… C’est pas comme s’il était toujours poursuivi pour crime de guerre…)