On ne parle pas assez des films sociaux en France. Je plaisante. Discount n’est pas un film social, c’est avant tout une comédie franche. Et elle réussit aussi à nous faire prendre conscience d’une société qui déraille.

Un magasin discount voit l’arrivée de caisses automatiques; la direction va devoir faire le ménage dans les employés. Une partie d’entre eux tente d’anticiper un futur licenciement en créant une épicerie solidaire en piquant dans les stocks.

On ne donnait pas cher de ce film. L’aspect lourdeau des films à portée sociale en France masquait un vrai désir de parler de ce que le pays a fait naitre alors qu’en Angleterre, le savoir-faire est inscrit dans les gênes. C’est d’ailleurs du côté des Anglais que l’on va chercher les qualificatifs puisque le réalisateur de Discount, Louis-Julien Petit, est comparé à Ken Loach, qu’il admire.

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©WildBunch

 

Discount part avec une situation actuelle et connue : la modernisation et le licenciement dans les entreprises des petites villes. Grâce à une bande d’acteurs très motivés, Discount raconte une tranche de vie sans fard, brute et terriblement réaliste. Ne tombant pas dans la morosité, le film arrive à sortir quelques moments de légèreté et d’humour où le rire est franc. Sans artifice grossier, Petit arrive à donner une force certaine à Discount et décrit un souci sociétal et économique avec rigueur. Le calque du thriller est utilisé avec efficacité dans cette fable sociale, il y a de rares moments où le suspens est là. Pour la petite histoire, Discount parle de gaspilalge alimentaire et pour des raisons évidentes, les scènes de gaspillage sont véridiques. On ne peut pas montrer le réel avec du faux dans un film de cette trempe.

La bande d’acteurs est assez irrégulière dans le jeu, il faut voir le monolithique Olivier Barthelemy (Aux yeux de tous) faire son possible pour réussir à voler une scène. Corinne Masiero (La Marche) et Pascal Demolon (Radiostars) ne se donnent aucun mal à être justes et parviennent à tirer toute la troupe vers le haut. La complicité des acteurs se voit fortement à l’écran et renforce le propos du film. Pas de grosse fausse note dans ce film à la sincérité touchante, à l’humour fin, pure et efficace. Le film dénonce sans forcer. On prend plaisir à suivre ces employés tenter un coup de haute volée. Dommage que la fin soit laissée en suspens et ne permet pas au spectateur de se dire qu’il a vu une guerre totale, mais plutôt une bataille partielle. Discount reste un film qui ouvre le débat et nous fait passer 1h30 dans la vie de gens attachants.

Le film sort le 21 janvier.