Nouveau projet des frères Duplass, qui passent à la série après plusieurs comédies douces-amères sur grand écran (dont « Cyrus » sorti en France), « Togetherness » voit un couple de jeunes parents en plein questionnement, qui vient en aide à un acteur en pleine banqueroute et à leur belle-soeur. On a vu la première moitié de saison.

La crise de la quarantaine est propice à beaucoup de comédies américaines récentes. Après « Married » cet été, voici un quatuor issu d’une autre ville de la banlieue de Los Angeles, Eagle Rock. Brett et Michelle sont parents d’une jeune Sophie et viennent à peine d’avoir leur second enfant. Un peu comme « Married », leurs problèmes intimes sont mis au premier plan de la série, avec un Brett un peu frustré du manque d’envies de sa femme. Et, tout comme la série de FX, ils ont affaire à deux proches qui sont à une impasse : professionnelle pour Alex, un acteur de troisième zone fauché (incarné par le cocréateur Steve Zissis, régulier des films des Duplass), et sentimentale pour la sœur de Michelle Tina (Amanda Peet, de retour à la télé après la courte « Benched » pour NBC).


Togetherness bientôt sur OCS par OCS

Ce quatuor et ses tranches de vie ne font pas forcément rire, et ce n’est pas le but des Duplass, qui fait le sel dramatique à partir des petits manques de communication de chacun. Alors que Brett et Michelle essaient tant bien que mal de ne pas sombrer dans la routine, y compris côté chambre – ce qui amènera la séquence la plus hilarante des 4 épisodes visionnés – Tina et Brett essaient de trouver des repères sur lesquels construire. Tina propose d’ailleurs à Alex de le coacher pour qu’il se reprenne en main. Le pilote est assez agréable, mais clairement le plus classique et conventionnel des quatre épisodes. Il permet de dessiner les personnages par petites touches avant de leur faire tester leur dynamique de groupe – principalement dans des soirées hollywoodiennes.

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Crédit : HBO/OCS

La grande affaire de « Togetherness » c’est l’attachement porté à son cast : Melanie Lynskey n’a pas à rougir de son rôle, mais s’avère un peu trop fade pour un personnage de comédie du câble. Mark Duplass, ailleurs le pince-sans-rire du gang de « The League », montre à certains points une sorte de mélancolie attachante dans son travail de bruiteur hollywoodien. Mais dans ses thèmes ou dans ses intrigues, « Togetherness » semble avoir un flottement dérisoire dans le produit fini, qui empêchent de voir l’attachement aux personnages grandir. La complicité grandissante de Tina et Alex semblerait convenir pour une seule série, mais on y adjoint des scènes qui vont nulle part, et l’altruisme de Tina semble avoir ses limites. Steve Zissis, tout comme son personnage, semble avoir du mal à sortir de son rôle de sidekick, et de ce fait »Togetherness » pâlit en comparaison des autres séries de HBO avec lesquelles elle sera programmée. « Girls » et « Looking » ont établi une identité et des thèmes forts dès leurs premiers épisodes, et la modestie affichée de « Togetherness » joue à l’encontre des talents de ses acteurs et ses créateurs. Et on ne peut pas vraiment établir une vraie patte distinctive des Duplass en termes de réalisation, hormis des utilisations musicales bien mitonnées (Jaaaames Brown!!!)

Après « Married » et le pilote raté de Amazon « Really », ce nouveau regard tendre et caustique sur la vie de presque-quadras peine à convaincre. Cela n’en reste pas moins un bon passe-temps qui permet de retrouver des actrices très talentueuses et sous-estimées comme Melanie Lynskey et Amanda Peet. Il ne lui reste plus qu’à trouver un propos à la hauteur.

Dès lundi à 21h55 sur OCS City en VOST, puis sur OCS Go.