Triste. Un drame déchirant sur fond de République Populaire de Chine.

Imaginez votre mari, prisonnier politique, qui est enfin libéré à la fin de la révolution culturelle. Mais vous souffrez d’amnésie et alors qu’il est déjà à vos côtés, vous espérez chaque jour qu’il revienne… Oui, c’est l’histoire mélodramatique de Coming Home.

La fin de la révolution culturelle marque la Chine telle qu’on la connait maintenant. Une allégeance sans faille au parti, la classe ouvrière qui explose… Le début du film pose un bon potentiel. Des intrications dans les relations mère-fille, la corruption du parti, bref, la Chine post-Mao quoi. Mais rien n’est développé. Le réalisateur Zhang Yimou est connu pour ses grands films épiques comme Hero (avec Chen Daoming) ou Le secret des poignards volants, mais surtout pour son début de carrière qui a été marqué par Vivre ! ou encore Epouses et concubines (l’un des nombreux films où il a collaboré avec Gong Li), et fun fact, c’est aussi lui qui a mis en scène les jeux olympiques de Pékin en 2008. Sa maîtrise est indéniable. Loin des films wu xia, il change un peu de registre avec ce film beaucoup plus intimiste, sans arts martiaux. C’est en fait sa deuxième adaptation d’un roman de Yan Geling qui avait également écrit Flowers of War.

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©LeTV

L’histoire avance lentement mais sûrement, son choix de casting ne prend aucun risque avec Gong Li qui est sûrement l’une si ce n’est l’actrice chinoise la plus connue au niveau international, et Chen Daoming qui est aussi très connu avec Internal Affairs. Là, où les inconnus apparaissent, les ennuis commencent. L’actrice qui joue leur fille délivre une prestation sans sentiment, elle sort des larmes d’on ne sait où car son visage est aussi inexpressif que son entêtement. Ce côté-là aurait pu être creusé, la relation mère-fille est complètement délaissée au profit des conséquences de l’amnésie de l’héroïne… Le problème c’est que le film entier ne présente ni risque ni originalité, c’est du tout-vu pour tirer la corde sensible du spectateur mais en restant dans le superficiel ce qui rend l’ensemble très… plat. Des scènes sans dialogue sous la pluie, les gros plans sur la petite larme qui coule, ce genre de grosses ficelles qui ne font pas toujours mouche. Il en faut plus pour émouvoir, preuve en est, les spectateurs dans la salle se sont mis à rire plusieurs fois lors de ces scènes dramatiques…

Présenté au festival de Cannes, Coming Home était pressenti pour représenter la Chine aux sélections des Oscars, mais la réalité a rattrapé la fiction puisqu’un scandale de corruption autour de la société de production a enterré leurs chances. Je ne suis pas sûre que ça va encourager Zhang Yimou à réaliser des films plus politiques toute cette histoire… Son prochain long-métrage sera plus occidental, The Great Wall parlera de la construction de la grande muraille et des noms comme Matt Damon ou Pedro Pascal circulent…