Tony Ayres, à qui on doit The Slap, propose depuis deux saisons, la série teen fantastique Nowhere Boys. Review de la saison 1.

Après s’être perdus lors d’une excursion scolaire, Felix, Jake, Sammy et Andy retournent chez eux et découvrent qu’ils ont atterri dans un monde où ils n’existent pas. Ils croisent leurs parents qui ne les reconnaissent pas.

La série australienne a gagné plusieurs récompenses dont Best Children’s Television Series et Most Outstanding Children’s Program cette année.

Il ne faut pas deux minutes avant de voir qu’un ersatz de Lost pointe son nez des années après la fin de la série culte. Une forêt, une tornade mystérieuse, des personnages perdus… mais en fait le lot de mystères ne s’étoffera que très peu et ce sera plus une série sans réelle ambition qu’un projet monstrueux. Il faut dire que la série est diffusée assez tôt en Australie et qu’elle n’a pas d’autres missions que de cibler les jeunes.

Effectivement, le produit ressemble à s’y méprendre aux séries que KD2A et les Minikeums nous diffusaient comme Les Incroyables Pouvoirs d’Alex ou L’Odyssée Fantastique, c’est à dire une série qui ne proposera pas une histoire aux ramifications immenses et aux exigences élevées. C’est dommage pour Nowhere Boys qui avait un sérieux potentiel en mettant en parallèle rejet de la société par les jeunes, incompréhension du monde des adultes et fil rouge fantastique. Le concept est développé durant les trois premiers épisodes de 25 minutes qui forment un tout. Au bout de 4 épisodes, on comprend assez vite que la légèreté sera de mise. A ce titre, vous seriez surpris de voir qu’à chaque épisode, une scène est complètement ratée. Jeu improbable, montage bancal ou inutilité narrative, il y a toujours quelque chose à redire sur au moins une scène comme si l’improvisation venait perturber chaque épisode tourné. Perturbant, c’est le mot.

Ce côté un peu cheap se ressent au fil des épisodes avec une intrigue principale qui se tourne vers la magie. On a alors une accumulation d’idées peu reluisantes entre talisman, formule, démon. C’est bien simple, tout s’explique par la magie alors que les idées seraient pourtant bien mieux traitées par d’autres moyens.

Plus la saison avance et plus les formules magiques s’accumulent (et plus on comprend le générique qui se révèle assez spoiler au final). Certains épisodes ne sont que prétexte à un élément surnaturel qui pousse les jeunes héros à se cacher ou à fuir. Nowhere Boys perd beaucoup d’intérêt au fil de la saison même si, inconsciemment, on veut voir comment ils vont s’en sortir. Le final reste dans la lignée de la saison avec une économie de moyens à l’écran et sur le papier.

Si notre intérêt a été piqué durant 13 épisodes, les dernières minutes dévoilent une série à la tournure différente. Le postulat est totalement changé et les cartes vont être redistribuées. Cette saison 1 serait plutôt une… saison Origines. De quoi encore prendre du temps à regarder la saison 2 actuellement en cours alors qu’un film a été annoncé il y a quelques jours ! Plaisir coupable au final ? On ne sait pas si la série se veut plus ambitieuse qu’elle ne l’est ou si elle sait qu’elle n’a aucun moyen de rivaliser avec d’autres.