Exodus: Gods and Kings – Fuyez, pauvres fous !

Exodus: Gods and Kings – Fuyez, pauvres fous !

Etait-ce vraiment la peine de revenir sur l’exode des Hébreux d’Egypte… ?

N’est pas péplum qui veut. N’est pas Gladiator qui veut aussi. Mais Moïse se veut clairement être le nouveau général Maximus Decimus Meridius, cette fois-ci commandant des divisions du pharaon qui va libérer les pauvres esclaves Hébreux de leur sort. Soit.

Ridley Scott qui sort un nouveau long-métrage, c’est toujours un événement. Ou devrait-on dire un non-événement vu ces derniers films ? Il est facile de le prévoir, la difficulté avec Exodus est son aspect religieux, cela va en fâcher plus d’un. Une adaptation d’une histoire de l’Ancien Testament ? Impossible de ne pas faire le rapprochement avec Noé. Pas besoin de faire durer le suspense, c’est aussi raté que Noé… Le truc, c’est qu’on sait tous comment ça termine. Je veux dire, Moïse traverse la Mer Rouge (oups, spoiler ?) qui s’ouvre en deux. Aucune originalité. Quoi ? En plus, Moïse survit ? Bon, tant pis… Merci le petit rappel biblique du buisson ardent et des dix plaies d’Egypte. Pour vous donner une petite idée, voici une petite liste des points positifs et négatifs du film (oui, c’est déséquilibré).

Christian Bale Exodus Gods and Kings

©20th Century Fox

– On a l’histoire classique du : « Je suis au top de ma carrière < Oups, je suis tellement bon que ça attise la jalousie des gens importants < Ils me font tomber plus bas que terre (« Bruce, pourquoi tombons nous ? Pour mieux apprendre à se relever. » a dit le papa de Batman) < Mais j’ai un destin à accomplir donc je vais mener les autres gens de la plèbe vers la liberté. » Oh, ça vous rappelle quelque chose ? Gladiator, sans doute… Ça aurait pu être bien si le réalisateur n’avait pas déjà fait ce film.
– Pour qu’il y ait une rivalité crédible, encore faut-il que les deux rivaux soient du même acabit… Et ce n’est pourtant pas la faute de Joel Edgerton (jaloux et méprisant comme il a pu l’être dans The Great Gatsby) qui livre une très belle performance fort en eyeliner, mais son personnage n’est pas du même niveau que celui de Christian Bale qui n’a strictement rien à faire dans la deuxième partie du film à part prendre un air peiné…
– La métaphore du gamin ? Dieu est un, il envoie un gamin qui parle comme un adulte et c’est un peu flippant ? Il y a un sens plus profond, c’est sûr… Le judaïsme est jeune ? Pardon, ce ne sont que des hypothèses lancées un peu au hasard…
– Ils auraient encore pu exagérer les effets visuels ? On a senti les plans « spéciaux 3D » partout, que ce soit sur le champ de bataille, les travellings autour des villes, ou dans les plaies… qui se sont succédées sans aucune pause, donc on a eu le droit à plans gores sur plans gores, avec tout le budget des effets spéciaux en même temps. Pour le côté spectaculaire, on repassera.
– Ils se sont inspirés de la mini-série The Bible ou bien ? Car niveau réalisme, j’ai vu mieux… C’est grandiloquent mais pas à couper le souffle.
– Peut-être qu’il y un parallélisme avec l’Egypte et l’Islam moderne, qui incarne l’oppression des maîtres. De là à y voir une certaine acceptation du terrorisme (après tout, c’est à cause de Moïse que le peuple égyptien subit ces fléaux en un sens), tous les moyens sont bons pour se libérer de l’oppresseur, la ligne est bien visible. Mais ça ne prend vraiment pas de risque.
Aaron Paul, as-tu perdu ta langue ? Pas que lui d’ailleurs, tous les seconds rôles sont inutilisés et d’une platitude sans nom.

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©20th Century Fox

+ La petite explication sur le passé de Moïse, qui est déjà très romancée à la base, n’a pas eu besoin d’être modifiée pour le film, ça fait du bien de voir une transposition fidèle. Et il n’y a pas que cet aspect-là qui est très bien respecté, toute la chronologie et les faits bibliques sont vraiment bien représentés (sauf pour la table des commandements, mais il fallait bien que le film finisse un jour). Après, c’est quand même très politiquement correct, puisque les « flous historiques » tel que l’ouverture de la Mer Rouge restent bel et bien des flous, sans explicitement y apporter la voix divine.
+ Bon okay, la BO était assez épique.
+ Etrangement, ça ne m’a pas du tout dérangée de ne voir que des Anglo-Saxons dans ce film et très peu de gens typés. Au contraire, quand on choisit une voie, autant s’y tenir.

(P.S. : ce ne sont pas les Egyptiens, les Marocains ou encore les Emirats qui devraient censurer ce film, mais plutôt Sigourney Weaver qui devrait faire une pétition pour qu’on la pixellise lors de ses scènes… Au pire, revoyez Les dix commandements.)

About The Author

Akiha

Une énième fangirl de Whedon, obsédée par les comédies musicales, la nourriture et les drames britanniques.

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