Hautement autobiographique, le nouveau film de John Boorman (Excalibur, Delivrance) présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au dernier Festival de Cannes, laisse malheureusement le spectateur dans un sentiment de désintérêt profond. Explications.

1952. Bill Rohan (Callum Turner) a 18 ans lorsqu’il est appelé pour effectuer deux années de service militaire en tant qu’instructeur dans un camp d’entraînement pour jeunes soldats anglais en partance pour la Corée. Il va y rencontrer Percy Hapgood (Caleb Landry Jones), un autre jeune soldat, avec lequel il va tenter de faire tomber leur bourreau : le Sergent Major Bradley (David Thewlis). Mais leur est-il encore possible de rencontrer l’âme soeur?

La réalisation du film nous présente une belle image avec une photographie lumineuse mais la mise-en-scène est relativement banale. Nous suivons le chemin de ce jeune anglais Bill Rohan appelé à servir dans l’armée sans jamais pleinement entrer dans l’histoire. Celle-ci nous paraît d’ailleurs peu profonde. Son parcours initiatique en tant qu’instructeur ainsi que ses différents relations amoureuses ne diffuse aucune émotion. Malgré une prestation correcte de l’acteur, ses périples et autres mésaventures nous laissent de marbre. Le sujet et son contexte de départ étaient prometteurs mais ils se révèlent mal exploités. En effet, le cinéaste s’attarde trop longuement sur un détail de l’intrigue qui vient plomber le rythme du film. Le spectateur est en droit de se demander s’il était nécessaire de consacrer un film à une histoire pareille.

Queen and Country

©LePacte

Par ailleurs, le film se veut « comique ». Un humour lourd et redondant tout du long qui peut énerver. Présent dans la grande majorité des scènes, tout y passe : comique de gestes, comique de situation et comique de mots. Tout semble exagéré et ré-utilisé encore et encore, ce qui nous donne l’impression que le film tourne en rond et n’avance pas. Les plans se ressemblent et s’enchaînent. Au final, l’ennui s’installe. L’acteur Caleb Landry Jones s’en tire plutôt bien malgré un rôle peu intéressant et lisse. Il est bien le seul à nous décrocher quelques sourires. Sa relation amicale avec le personnage interprété par Callum Turner tient la route et est le fil conducteur du long métrage. Mais est-ce suffisant pour nous enlever de la tête que Queen and Country était une perte de temps? Même le grand acteur David Thewlis nous paraît bien fade ici.

Qu’on se le dise, la durée du film qui avoisine les 2h ne nous aide pas à chasser cet ennui qui ne nous quitte plus. Grande déception bien que les deux acteurs principaux tentent de se démarquer et relever le niveau de l’histoire.