20 ans plus tard, Bobby et Peter Farrelly  ramènent leurs personnages loufoques à la vie. Alors, film en roue libre à vocation pécuniaire, ou vraie suite de qualité (et un peu pécuniaire aussi) ? Verdict.

Lloyd et Harry, toujours aussi fêlés, sont de retour ! Cette fois, une histoire de paternité lointaine et douteuse impliquant nos deux héros se mêle à un complot dans une riche famille. Et autant dire qu’avec l’entrée de Lloyd et Harry dans le circuit, la situation n’est pas prête de s’arranger !

Alors oui le film a pris 20 ans. Oui les réalisateurs aussi. Oui les acteurs aussi. Oui, après 10 ans d’errance, les Farrelly avaient besoin de revenir sur le devant de la scène, et Dumb and Dumber 2 est certainement le meilleur moyen d’un retour aux sources. Mais au fond, comme le dit le film, on s’en fout, non ? Dumb and Dumber était un très bon film, très drôle, et avec la folie que dégage le film, 20 ans, 30 ans, 50 ans, on s’en fout ! A ce propos, Lloyd reste quand même 20 ans en hôpital psychiatrique « pour le fun ». Et devant Harry qui lui demande si 10 ans n’auraient pas suffi, il dit « ouais, mais ca aurait été moins marrant ! ». Plus encore, c’est à travers une citation de Lloyd que les frères Farrelly, qui après Fous d’Irene il y a près de 15 ans n’ont rien fait de marquant, cultivent l’auto-dérision envers eux-mêmes : « C’est ca de toucher le fond ? C’est pas si mal ». Bah ouais. D’ailleurs, les frères Farrelly n’ont rien perdu de la force qui avait fait le succès de leur premier film vingt ans auparavant (Dumb and Dumber est sorti en 1994)

Dumb and Dumber

©Metropolitan FilmExport

Laissant aux acteurs le poids de leurs années (pas de maquillage pour masquer les rides, seules les coiffures et les habits restent), les réalisateurs préfèrent leur refiler de la potion magique bien de chez eux pour faire redémarrer la machine. C’est donc avec hilarité que nous retrouvons tout l’humour noir, macabre, glauque voire scatophile à souhait : se moquer d’un aveugle, dépouiller une vieille de son sonotone… On retrouve même, pour homogénéiser le tout, des bonnes vieilles blagues sorties tout droit du premier film et qui marchent toujours aussi bien aujourd’hui : la scène de fantasme de Lloyd, la tierce personne agacée par les deux barjots, la voiture chien, entre autres. Et puis surtout, un scénario avec un nombre de plot twists incalculable, et un happy ending complètement perverti ! Et en arrière-plan, l’histoire touchante de deux idiots qui en 20 ans n’ont pas changé, foutent toujours autant le bordel, et sont prêts à se tordre dans tous les sens pourvu qu’ils vivent la vie désopilante et tarée qu’ils affectionnent tant. Peut-être est-ce ce que ce sont dit les frères Farrelly après le premier film. Et peut-être est-ce ce que Jim Carrey s’est dit, lui qui après ce film n’a fait qu’asseoir un peu plus sa réputation d’un des meilleurs acteurs comiques contemporains, héritier de Jerry Lewis, mais qui au fond ne renonce jamais à une bonne dose de fun, y compris avec son vieux complice Jeff Daniels, qui au contraire s’est un peu perdu après le film de 1994. Mais au fond, tout ca c’est pour mieux se retrouver, et 20 ans ou pas, le duo est toujours excellent et n’a pas besoin de se forcer pour nous faire rire ! On notera aussi les seconds rôles, comme Laurie Holden ou Kathleen Turner, qui comme dans le premier film sont des espèces de parodie de personnage (la véreuse, la « pute titanesque ») aux dialogues presque stéréotypés, et qui sont un peu la porcelaine du magasin dans lequel les éléphants Lloyd et Harry entrent.

Quoi qu’il en soit, c’est un retour réussi, et une suite des plus agréables et conforme aux attentes : rire et bonne humeur garantis !