Le Prix un Certain Regard de Cannes 2014 débarque sur nos écrans. White God est uen sacrée curiosité.

Une jeune fille étrange et asociale, en désaccord avec son père, peine à retrouver son chien, mis à la rue par ce dernier. Et pour cause, car notre animal est en proie à toutes sortes de difficultés, dues aux humains…

Autant le dire tout de suite, un peu à la manière du « Rubber » de Quentin Dupieux, qui choisit de visionner « White God » fait le choix de se retrouver face a un film OVNI, inclassable dans les genres que l’on connaît. En effet, le film de Kornel Mundruczo bénéficie de cette qualité rare de jongler avec les codes de divers types de film (anticipation, film animalier, voire même film d’horreur) et de très bien s’en sortir dans cette manoeuvre délicate, tant une impression de maîtrise s’en détache.

Seconde qualité, indéniable, du film, est son interprétation. En son centre, nous avons une jeune fille, Zsófia Psotta, la White God en question, seul à comprendre les chiens et à leur faire face quand il faudra. La performance pleine de sensibilité de notre actrice en herbe est proprement troublante, et égale sans peine beaucoup de nos acteurs aguerris par des années de pratique. Mais la force actancielle du film, étrangement, provient aussi des chiens : si la moitié du film est filmé du point de vue d’un chien, c’est bien elle qui est primordiale pour saisir le thème du film, beaucoup aidée par des animaux parfaitement dressés et qui font passer sans souci toutes les émotions qu’il faut.

white god

©Pyramide Distribution

Pour en venir au thème, justement. Nous arrivons ici au majeur problème du film, qui le plombe presque irrémédiablement. Une morale omniprésente sur l’homme toujours plus violent et moins « humain » l’animal, malgré l’exception d’un humain (ici la jeune fille), seul capable de comprendre l’animal. Autant dire qu’à la suite de « Rise of The Planet of the Apes« , le message fait un peu redite, d’autant plus que les structures scénaristiques des deux films sont tout de même très proches, et, malgré le magistrat plan final de White God, cela amène aussi un grand manque de surprise.

Ce mauvais côté du film est d’ailleurs poussé extrêmement loin, si bien qu’on peut se demander, au vu des nombreuses scènes insoutenables en ce qui concerne les déboires des chiens (combats violents, coups de fouets, nombreuses agonies…), pourquoi le film est il resté au moins de 12 ?

Du point de vue de la mise en scène, le film n’est pas d’une originalité folle. La caméra est tout à fait banale, les lumières sont réelles et ne subliment jamais les événements. Un point fort toutefois, la musique, omniprésente sans être envahissante, tout à fait dans le propos à chaque instant, surtout au cours de cette incroyable scène finale.