Etre assigné à résidence, c’est l’horreur. Qui plus est avec ses parents. Pour le premier long-métrage de Gerard Johnstone, »Housebound » une cambrioleuse vindicative va se retrouver face-à-face avec les monstres de son propre domicile.

Une cambrioleuse à la petite semaine, Kylie, se fait arrêter et assigner à domicile chez ses parents pour purger une peine de plusieurs mois. Clairement peu diserte envers un domicile qu’elle a quitté avec perte et fracas, elle goûte peu ces retrouvailles. Et elle doit surtout composer avec les lubies de sa mère, persuadée que sa maison est hantée depuis des mois, et que les esprits vengeurs font exprès de remettre des choses en ordre, ou de brouiller les pistes volontairement. Un enfant devenue jeune femme trop à l’étroit, et une retraitée mollassonne : Johnstone ne se prive pas de puiser l’essentiel de sa dynamique comique là. Mais « Housebound » refuse de rester en place, ou de céder aux lieux communs de la maison hantée. Les thèmes de déterrement du passé sont ici bien repris et exploités, à ceci près qu’on y adjoint des motifs finalement assez peu crapuleux, et qui délaissent les jumpscares à moitié pour un commentaire sur la violence envers les ados, et celle que les ados s’autoinfligent.


Housebound (2014) – Theatrical Trailer par pifff

Une fois mis sur les rails, « Housebound » réussit à surprendre et fait débarquer des personnages assez largués dans des circonstances assez bizarres. Morgan O’Reilly se révèle être un excellent premier rôle féminin, sauf que la mise en place de la comédie semble très poussive et autosatisfaite avec elle-même. Comme une blague qui durerait trop longtemps, où Johnstone prend le temps d’établir les rapports intra-familiaux avant de rentrer dans le vif du sujet et cette histoire de « fantômes ». Malgré son tout petit budget et un respect du huis-clos, Johnstone arrive à faire plus avec moins, notamment propulsé par une excellente partition Elfmanienne qui rythme les découvertes macabres de Kylie et le vigile chargé de son contrôle, Amos. Un premier film empreint d’imperfections donc, mais qui a son lot de séquences inventives et de dialogues savoureux pour emporter l’adhésion.