Avant dernier épisode de la nouvelle égérie estampillée superhéros de la FOX, et cette semaine, l’électricité dans l’air semble s’être volatilisée… Peut être en attendant le grand fall finale de l’épisode 10 ?

ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL

Après avoir collé un pain ou deux avec la montre de son père (remarquez le magnifique symbole névrotique) à un sale gosse qui avait un goût du sang quelque peu compulsif, et plus précisément le sang des parents Wayne, Bruce demande à Alfred de lui apprendre à se battre. Selina Kyle quant à elle refait surface et Jim Gordon est décidé à ne plus la lâcher. Dans le même temps, sa fiancée Barbara plaquait tout, et part, apparemment, de Gotham. Enfin, la guerre à distance Falcone/Maroni/Mooney continue…

A présent, Gordon prend en main Selina Kyle pour faire avancer l’affaire du meurtre Wayne et l’envoie le temps de l’enquête chez Bruce himself, au grand dam d’Alfred qui ne voit en elle qu’une fille sans manières et une perturbation pour le jeune et inexpérimenté Bruce. Jim rencontre Harvey Dent, lequel, après le témoignage de Selina, se trouve avoir une idée de qui aurait pu commanditer le meurtre. Dans le même temps, Jim découvre que Barbara l’a quittée. Quant au Pingouin, il s’en va fouiner chez Liza, que Fish Mooney a placée chez Falcone, et découvre le pot aux roses. Enfin, Bullock et Jim sont cette semaine occupés par une affaire d’explosions provoquées par Ian Hargrove, un malade mental sorti de la prison de Blackgate, une affaire qui pourrait ne pas être si éloignée de la guerre des gangs ambiante…

harvey dent

©WB

Gotham lève le voile sur les débuts de l’un des personnages les plus emblématiques du comics Batman, Harvey Dent, plus tard connu sous le nom de Double-Face. Il apparaît au grand jour, un peu plus jeune évidemment, mais lui comme sa fameuse pièce à deux faces sont déjà très impliqués dans la justice. Toutefois, comme pour l’épisode 2 (appelé Selina Kyle), et d’ailleurs de manière générale dans cet épisode 9, plusieurs évènements sont évoqués mais peu approfondis, à l’image justement de Dent qui n’apparaît que trois fois deux minutes en 43min d’épisode, ce qui est bien peu. Malgré quelques petits moments de bravoure, notamment la scène dans laquelle Alfred apprend au jeune Bruce à quel point la vie, l’adversité et les femmes, c’est compliqué, ou encore les scènes impliquant le Pingouin (soit dit en passant de plus en plus terrifiant), l’épisode, à l’image de la bataille de croissants (oui oui) entre Bruce et Selina, ne semble être qu’une longue chamaillerie afin de savoir qui en a le plus dans le buffet, avec au milieu de cela, les rationnels Jim Gordon, Harvey Dent (ou ce qu’on en voit) et Alfred Pennyworth. On avait défini les enquêtes de Bullock et Gordon comme une espèce de fil rouge du développement de la ville de Gotham en elle-même et de la gangrène qui la ravage : cette fois, l’enquête prend clairement le pas sur le reste, et bien qu’intéressante, elle ne laisse pas assez place à l’avancement des personnages, notamment Gordon, au sens de toutes ces affaires, noeud de l’intrigue mais aussi fil directeur et fil conducteur. Comme Gordon, on ne sait pas trop où donner de la tête, dans cet épisode.

Si l’agencement des intrigues et situations est bien en place, entre la traque « professionnelle » (l’affaire des explosions) et la traque « personnelle » (l’affaire Wayne que Gordon garde dans un coin de sa tête et met donc une stratégie en place basée sur Selina), et si l’ambiance est toujours parfaitement prégnante (notamment dans le rapport qu’on peut établir par rapport au comics), tout ca est toutefois un peu fouillis. Il ne semble pas véritablement se dégager une essence : Dent est réduit à une pièce, un jeu de lumière et un pétage de plomb, la mini-guéguerre-pseudo-sentimentale-un tout petit peu fan service entre Selina et Bruce (« Tu as déjà embrassé une fille ? », phrase qui fait sourire la première fois, mais qui somme toute est un peu facile et complaisante envers les fans, le subterfuge est un peu gros), la fuite de Barbara gérée comme un cliffhanger… Seul semble se développer le noeud « guerre des gangs », mais là encore, la série tombe un peu trop dans la facilité en réduisant ce qui se passe dans la tête d’un criminel malade mental au minimum. Dans la même veine, la réflexion sur la corruption locale que Jim pointe en taclant les méthodes douteuses du maire conercnant Blackgate et Arkham n’intervient qu’en toute fin d’épisode et aurait mérité plus. Il manque ce petit coup de folie, de bordel organisé qui faisait le charme des épisodes précédents.

harvey dent

©WB

Toutefois, dans ce projet, les acteurs restent très plaisants : Ben McKenzie, Jada Pinkett Smith, Donal Logue restent fidèles à eux-mêmes. Mention spéciale à Sean Pertwee, délicieusement british, mais aussi Robin Lord Taylor, dont l’excellence dans l’impitoyabilité n’est plus à démontrer, muni de répliques ciselées et cisaillantes. Un cas plus épineux est celui de Nicholas d’Agosto, introduit ici dans le rôle d’Harvey Dent. L’air poupon malgré ses 34 ans, il met en avant sa carrure physique, ses cheveux brossés, et son air de « chevalier blanc » (comme chez Nolan), mais malgré tous ses efforts, la névrose est à revoir. Dent est jeune, Bruce collaborera avec un Dent dans la force de l’âge mais la folie est déjà en lui. D’Agosto ne donne l’impression d’être qu’un personnage manichéen, passant rapidement du coq à l’âne (la scène de face à face avec le patron suspect est clairement surjouée). Pour résumer, il est soit trop gentil, soit trop méchant. Signalons son usage abusif du mot parier qui pourrait presque faire du futur Double-Face un personnage caricatural. A sa décharge, son personnage n’apparaît que trop peu pour juger de ce processus.

Si la qualité n’est pas à remettre en cause, l’implication décoit un peu. Ce 9e numéro reste à l’état de racine, mais on a confiance en la série pour faire pousser tout ca d’un coup d’engrais explosif !