L’attente de la première partie du dernier livre est à la hauteur du succès de la franchise. Aujourd’hui, elle est bien là. Et les quelques déceptions qui vont avec également.

Réfugiés au fin fond du District 13 suite aux bombardements qui ont rasé le District 12, Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence) et ses alliés mettent en place la révolte. Anéantie par les jeux et privée de Peeta Mellark (Josh Hutcherson), Katniss va devoir trouver la force de devenir celle qu’ils attendent tous, le symbole de la rébellion.
Ce troisième film constitue un virage capital : plus de jeux. Comme l’avait annoncé le Président Snow (génial Donald Sutherland) dans Hunger Games : L’embrasement, l’histoire fait maintenant place à la guerre, la vraie. Celle qui doit unir tous les Districts contre l’ennemi juré, le Capitole. Ici, nous assistons à une longue mise en place de presque deux heures qui nous prépare à l’affrontement ultime. Bien qu’elle soit nécessaire, était-il indispensable de lui consacrer un film?
Outre les engagements financiers, cela permet de bien détailler l’histoire. Pourtant, celle-ci semble tourner en rond voire stagner complètement. Les enjeux nous sont maintes fois répétés mais où sont les réponses? Certaines révélations sont amenées subitement, sans être justifiées. Dommage, surtout lorsqu’on sait la durée du film. C’est tout à l’honneur du réalisateur Francis Lawrence, qui a également réalisé le second volet, de privilégier le côté psychologique ici et non pas une suite d’actions spectaculaires (probablement au programme de la Partie 2). Cependant, à vouloir prendre son temps, on finit par se détacher de l’intrigue. Certains pourraient se sentir moins impliqués dans les mésaventures des personnages. Cela conduit à une baisse d’intensité et de tension que l’on retrouvait de façon constante dans les deux films précédents. De plus, on regrette l’inaction, voire l’effacement, de certains personnages considérés comme importants à l’avancée de l’intrigue. Il est vrai que le film se base essentiellement sur Katniss Everdeen pourtant, par moment, elle devient presque spectatrice des événements. Mais il s’appuie aussi sur le côté émotionnel en nous exposant à de nombreuses reprises les opprimés. Qu’en est-il des oppresseurs? La menace qui pèse sur eux reste relativement effacée…

hunger games

© Lionsgate

…ce qui n’empêche pas au long métrage de remplir admirablement son contrat. La réalisation reste dans la lignée du second, une caméra plus stable et moins brouillon. Grâce à la rentabilité des deux premiers films, celui-ci s’offre un budget plus conséquent. Les décors sont remarquables, on voit toujours plus grand. Les effets spéciaux reflètent bien le financement du film : notamment dans les reconstitutions des paysages dévastés et une certaine scène se déroulant dans le District 8. C’est toujours un plaisir de retrouver cet univers apocalyptique, de replonger au coeur de Panem et bien entendu, de revoir tous ces visages connus. Même si pour certains l’apparition est furtive, on sent l’alchimie qui s’est créée au fil des tournages entre les acteurs. Sans oublier de mentionner les nouveaux venus, Natalie Dormer ou encore la grande Julianne Moore dans le rôle de la Présidente du District 13. Tête forte et l’égale du Président Snow, elle utilise Katniss pour sa propagande, avec l’aide de Plutarch incarné par le regretté Philip Seymour Hoffman (le film lui ai dédié). Les thèmes musicaux sont repris (un plaisir pour les oreilles) et le casting reste un des points forts de la saga. Jennifer Lawrence est à la hauteur de son personnage, authentique et charismatique
Malgré quelques réticences concernant certaines tournures de l’histoire, Hunger Games : La Révolte – Partie 1 n’en reste pas moins un film de qualité qui trouvera son public aisément. Les fans seront conquis. Et nous, on attend le final avec impatience.