Allez, The Walking Dead, c’est reparti pour un tour ! Après un épisode 5 particulièrement tiré par les cheveux (et c’est un euphémisme), nous retrouvons ceux qui devraient logiquement et a priori faire avancer la série, Daryl et Carol

ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL

La semaine dernière, nous apprenions, ô stupeur ! que Eugène n’est qu’un gros mythomane sans ami cherchant à survivre. La supercherie a super bien marché puisque tout le monde est tombé dans le panneau, et est tombé de bien haut lors de cette révélation surrrprenante. Non, on déconne, on s’y attendait

Anyway, nous revoilà partis pour de nouvelles aventures avec le « couple » le moins glamour de l’histoire des séries TV, Carol la dépressivo-pragmatique et Daryl le gros nounours, cantonnés pour cette saison aux rôles de seconds couteaux. Cet épisode se présente comme une espèce de flashback parallèle, expliquant à la fois pourquoi Carol se retrouve amenée à l’hôpital où se trouve Beth et à la fois pourquoi Daryl est revenu avec un mystérieux inconnu qu’un cliffhanger nous a dissimulé alors qu’on savait déjà qui c’était (Noah, qui a réussi à s’échapper, laissant Beth derrière).

Consumed

©AMC

Alors qu’on se le dise, si l’agitation Internet associée à une certaine ambiguïté entre deux personnages, et de surcroît dans une série de zombies où ca n’a rien à faire (cf l’histoire d’amour Lori-Shane/Rick plus qu’exaspérante pendant 3 saisons) faisait la qualité d’un épisode, aussi cools soient les personnages, ca se saurait ! Cet épisode a déchaîné les passions après que le gros bonhomme viril Daryl se soit allongé à moins de 2cm de la veuve éplorée Carol, et même lui ait tenu la main dans la scène la moins réaliste de l’histoire du cinéma (une chute de 5m dans un camion quasi-épave qui aurait dû les tuer et non les protéger). Et là PAF ! Daryl et Carol vont-ils finir ensemble ? Feront-ils des bébés ? Seront-ils le couple qui sauvera l’univers ? On exagère, mais, on vous le jure, à peine. Parce que d’une part, la série, comme on l’a dit la semaine dernière, ne sait absolument pas comment gérer les ambiguïtés et les suggestions, et donc le vrai/faux rapprochement est aussi subtil qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine, mais aussi parce que bon Dieu, on en a rien à foutre ! Si on veut s’abrutir devant ce genre de trucs, on va voir Les Feux de l’Amour ou Plus Belle la Vie, c’est tout aussi débile et y a pas de zombie pour rappeler un peu ce qu’est la vraie vie à ces têtes de linottes.

Enfin, cela dit, signalons que pour une fois la série s’en tire pas trop mal avec un scénario certes pas grandiose, mais qui a le mérite de présenter plus ou moins ce qu’on attend depuis maintenant 4 saisons et des poussières : des zombies oppressants, des logements de fortune, deux personnes paumées et une troisième rencontrée fortuitement et qui lutte pour sa survie… Si l’on ajoute que les deux personnages susnommés sont parmi les plus intéressants que la série, il y avait de quoi faire un épisode sympa. Mais non. Car comme à son habitude, The Walking Dead se tire deux chargeurs dans le pied. Le premier concerne les dialogues, toujours aussi pauvres (« Tu as dit qu’on pouvait recommencer à zéro » « J’essaie. Et toi, comment tu te sens ? » « J’essaie »). Le deuxième concerne la fin : si tous les chauves du monde se réunissaient pour obtenir une greffe de cheveux, ils l’obtiendraient tellement il y a de quoi se détruire le cuir chevelu face à un final aussi pathétique. Pour une fois, nous dérogeons à notre règle de no-spoil, d’une part parce que ca n’est pas capital, on savait déjà la fin de l’histoire avant cet épisode, et d’autre part parce que ca fait partie de la frustration.

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©AMC

Reprenons : WHAT KIND OF S*** IS THIS ? Déjà, ca commence très mal avec Noah, qui va pouvoir contester le titre de personnage le plus pitoyable de la série avec le père Gabriel, qui s’agite comme un pantin désarticulé à un tel point que ca en devient risible quand il se vautre en tentant de fuir. Ensuite, Carol qui court à l’aveuglette et qui se fait renverser par une voiture ??? Sérieusement (et comme par hasard la voiture qui la conduira à l’hôpital) ? Une pub contre les dangers de la route est plus crédible que cette scène : « retenez bien la leçon, les enfants : toujours regarder avant de traverser, même pendant une apocalypse zombie ». Mais le mieux arrive. Quand Noah, saisi de convulsions en « essayant de retenir Daryl », lui dit qu’ils sont armés et nombreux, Daryl nous sort la punchline du siècle : « Nous aussi ». Illustration parfaite des dialogues creux témoignant que cette série continue de creuser sa propre tombe. Et comme un symbole, si vous avez regardé la série depuis ses débuts, vous trouverez un nombre incalculable de références… à la série elle-même. Citons un zombie-tronc qui en veut aux personnages, un document sur les femmes battues (comme Carol dans la saison 1, ou comment provoquer les émotions de manière rustre) mais surtout UN POSTER DE LA SERIE. Pour en arriver là, c’est sûr, The Walking Dead a déjà foncé droit dans le mur… mais s’obstine à vouloir le traverser. Triste.

On a déjà mentionné ce qu’on peut franchement appeler nullité chez Tyler James Williams (Noah), qui partait pourtant bien en piquant les armes de Daryl et Carol. Quand à Norman Reedus et Lauren Cohan, cet épisode nous révèle à quel point The Walking Dead ne mise sur eux qu’en tant que seconds rôles (si tant est qu’il y ait vraiment un premier rôle dans cette série). Norman Reedus n’a quasiment plus rien de l’aura qui en faisait un personnage- étendard de la série, tandis que Melissa Mc Bride et ses airs de femme… battue sont de plus en plus agaçants alors qu’on attendait mieux d’elle en début de saison. Ce qui est sûr, c’est que contrairement à ce que la série tente de faire, cette fragmentation des épisodes comme du groupe dessert la série et les personnages. Il reste 10 épisodes, il serait temps de s’activer.