Amenez-moi le pilote parle aujourd’hui des 10 ans de … Dr House. La plus originale et recherchée des séries hospitalières a donc passé le cap des 10 ans, et en hommage on vous en parle ici, chez Small Things.

Crée au départ sur le parti pris d’une adaptation médicale du bien connu Sherlock Holmes, la série a bénéficié d’un bel accueil en France comme à l’international, malgré quelques écueils scénaristiques de milieu de série, et un gros problème de budget sur la huitième et dernière saison. Mais nous allons ici revenir aux sources de la série, à l’épisode Pilote, qui posait les bases de ce qui allait devenir la meilleure série hospitalière de l’histoire de la télévision. Décortiquons.

La série : Dr House (House MD. dans la version originale).

Le parcours : Pilote diffusé le 16 novembre 2004 sur la FOX. 177 épisodes, 8 saisons.

Le résumé : Grégory House est un médecin à la tête du service de diagnostic de l’hôpital Prinston Plainsboro. Boiteux, accro à la Vicodine, son caractère pessimiste et revêche lui attire les foudres de tous, y compris de son meilleur ami James Wilson et de sa supérieure Lisa Cuddy. Sherlock Holmes de la médecine, il est capable de résoudre les cas des plus difficiles à l’aide de son équipe de choc, composée d’une jeune femme, Cameron, et de deux hommes, Chase et Foreman.

Le background : House est mon premier gros coup de coeur en terme de séries télévisuelles, et je la considère toujours comme une des meilleures séries contemporaines. J’ai visionné tous les épisodes de la série, et lu à peu près tout ce qui la concerne de près ou de loin.

Amenez moi le pilote : Il m’est très agréable de revenir sur House depuis l’arrêt complet de la série il y a deux ans. Malgré le fait que je n’aie pas visionné le Pilote, nommé Les Symptômes de Rebecca Adler,  depuis des lustres, il est exactement comme dans mes souvenirs, et représente parfaitement bien la série en elle-même.

Tout amateur de la série sait une chose, c’est que celle-ci se base sur le mensonge. Tout le monde ment, selon Greg House, et c’est ce que nous montre le premier épisode de la série. Nous avons d’abord Rebecca Adler, la patiente, interprétée très justement par Robin Tunney, qui ment à sa collègue à propos du déroulement de sa soirée. Puis c’est Wilson qui prétend à House qu’Adler est sa cousine alors qu’il ne la connaît en aucun cas, mensonge qui manque de se révéler fatal pour la patiente en fin d’épisode. On verra tous les personnages se mentir au long de ce brillant premier épisode, qui sait se montrer persuasif dans la démonstration de sa doctrine. Dès le départ, House est montré comme quelqu’un de spécial puisqu’il nous paraît tous savoir, et être le seul à avoir une certaine lucidité sur sa condition.

Cette lucidité du personnage va d’ailleurs si loin que, non seulement il montre en savoir beaucoup plus sur l’humain et la mort qu’on ne pourrait l’attendre, mais il nous fait également subtilement comprendre qu’il est conscient que tous autour de lui ne sont que des personnages, des images, qu’il est beaucoup plus intéressant et agréable de ne voir que de loin (d’où son principe absolu selon lequel il ne faut pas voir les patients), ou alors à travers un écran, comme le montre son addiction aux séries télévisées médicales. Toutes les facettes et complexités de ce personnage pessimiste mais fragile sont parfaitement sublimées par le jeu hors normes d’Hugh Laurie, qui attendait toujours un nouveau moyen de faire ses preuves à l’écran depuis Stuart Little.

C’est bien cette exigence scénaristique, ce quasi manque d’intérêt de l’épisode pour le cas médical présenté qui se fera plus tard l’apanage de la série, plus comédie dramatique et humaine que simple show médical. Cette passion des créateurs pour leurs personnages n’est d’ailleurs pas si surprenante si l’on prend en compte que c’est Bryan Singer, l’homme derrière The Usual Suspects, qui a initié la série. Cette exigence se ressent cependant un peu moins dans la mise en scène, si la caméra est parfaitement maniée, le jeu des lumières, lui, ne rend vraiment pas bien à l’image (vite rectifiée pour trouver sa clarté post-pilote), et l’ambiance musicale est souvent trop lourde, voir parfois hors de propos. Mais ces petits défauts seront largement rattrapés lors de la suite des événements, quitte à faire de plus discutables choix scénaristiques, notamment en fin de saison 6.

Un petit mot sur le jeu des acteurs enfin, pas incroyable si on excepte Hugh Laurie. Composée d’acteurs tous assez jeunes, la fine équipe qui deviendra celle de House pour quelques saisons, si elle ne peine pas non plus à convaincre, est un peu terne, et de toutes façons mise en retrait par l’omniprésence du personnage principal. Seule Lisa Edelstein (Cuddy) sort un peu du lot, de par son charme fou et son aplomb face au personnage intimidant de House.

Ce fut toutefois un grand plaisir de ce replonger dans ce premier épisode, source d’inénarrables souvenirs de ce qui a été la source de mon addiction télévisuelle. Une grande série, une des meilleurs de l’univers télévisuel avec X-Files et la plus récente American Horror Story, autant de séries qui sont et resteront sans aucun doute dans les annales.

Pour plus de House, rendez-vous dans l’épisode de Serial Causeurs consacré aux séries de l’année 2004.

A.M.D