Après un épisode 7 haut en couleurs et riche en émotions, on fait l’état des lieux dans Gotham !

ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL

Dans l’épisode précédent, Gordon était profondément dans la merde, disons les choses telles qu’elles sont. Cobblepot s’étant montré plus vivant que jamais, Bullock entre dans une rage folle, tandis que Fish Mooney est furieuse de voir son ancien protégé bien portant, alors qu’il devrait être mort. Falcone ne semble pas très content non plus, mais cette impression était vite démentie par la fin de l’épisode. Gordon dut, abandonné de tous et notamment de ses collègues policiers, affronter Victor Zsasz, le psychopathe de service qui grave le nombre de ses victimes à même sa chair… Les caïds de la pègre ont eux établi une paix qui semble fragile, après affrontements par assassinats isolés…

A présent, Gordon est toujours rejeté, sauf de la commissaire de police, tandis que Bullock lui a prêté allégeance, par dépit, par désespoir, par peur (de représailles de Fish Mooney surtout), mais aussi par amitié, quand même. Quand une sombre affaire d’affrontements clandestins se déclare, les deux policiers font face unis. Quant à Bruce Wayne, il apprend la dure loi de la vie « normale »

 

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Gotham enchaîne et continue de suivre son petit schéma de montagnes russes gentiment mises en place. La tension avait atteint son maximum à l’épisode précédent avec les différents règlements de comptes, il est temps désormais de démarrer un nouveau cycle. Car oui, les choses ont changé niveau scénario, mais vont également changer niveau manière d’être, chez les acteurs (le Pingouin a pris une nouvelle dimension, Fish Mooney qui fomente toujours son plan contre Falcone, Bullock et Gordon isolés) que chez le spectateur (la révélation de l’alliance secrète entre Falcone et le Pingouin). Après avoir bien établi ses bases et complètement plongé ses personnages dans la nasse, Gotham se lance dans l’exploration en profondeur des relations profondes entre ces mêmes personnages, qu’ils soient récurrents (Gordon, Bullock, Fish Mooney etc) ou occasionnels (le maire James, Selina Kyle, voire Bruce Wayne, même si celui-ci s’émancipe depuis l’épisode précédent de la relation avec Gordon). En parallèle, nous avons droit à une mise en scène toujours aussi fine de la puissance, tant métaphorique que physique, de la ville de Gotham. On disait dans l’article précédent que Gotham, tel Cronos, mangeait ses enfants : dans cet épisode où des employés sont prêts à tout pour obtenir un job, ca n’a jamais été aussi vrai.

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C’est ce que Gotham a de particulier (et de bien) par rapport aux nombreuses séries policières qui fleurissent aujourd’hui sur le petit écran : un scénario, une ambiance, mais aussi des personnages auxquels on s’attache et qui, à l’instar de leur position dans cette ville de tous les vices et péchés, ne semblent pas liés à des conventions du genre « Je t’aime, moi aussi » ou « Allons régler cela ensemble » ou encore « On va changer le monde : je ne suis pas un héros, mais je suis prêt à tout », comme en fait usage The Walking Dead, pour ne pas le citer, à outrance. Ce genre de choses était aussi le défaut de Heroes dans son temps : alors que les fondations de la saison 1 était bien établies dans une sorte de « Je t’aime, moi non plus » général, Heroes avait peu à peu vacillé dans la maladresse et la banalité. Surtout, on a l’impression que jamais les personnages ne sont seuls, on ne peut pas les prendre isolément : que serait Gordon sans Bullock ? Bruce Wayne sans Alfred ? Et que serait Gotham, personnage central de la série, sans son lot de mafieux, caïds, et pègre en tout genre ? Cette semaine, d’ailleurs, elle nous présente un de ses nouveaux enfants : Richard Sionis, qui par son nom et son âge pourrait être le père du fameux Roman Sionis, mieux connu dans les comics sous le nom de Black Mask. Affaire à suivre. A plus petite échelle, la série étend intelligemment l’influence de la ville à l’échelle la plus locale possible, puisque Bruce doit faire face à la visibilité « médiatique » jusqu’à l’école. L’image finale de l’épisode augure de belles séquences à venir.

Malgré tout, quelques imperfections subsistent : la principale concerne, encore une fois, Barbara Gordon et son obstination à jouer les preux chevaliers et à vouloir s’immiscer dans la vie de son fiancé. Il faut bien avouer que dans une telle série, un personnage tel que celui-ci est assez agaçant, et on a hâte de le voir se cantonner un peu mieux au rôle secondaire auquel il doit être dévolu. La fin de l’épisode, là encore, nous annonce plus de révélations pour la suite. Enfin, il faut parler de Selina Kyle, que l’on revoit cette semaine : tel un chat, elle se faufile entre les scènes des différents épisodes, mais son personnage n’est toujours pas aussi poussé que  d’autres, et ses apparitions très en second plan la rendent au mieux ennuyeuse, au pire parasite. Il serait bon de préciser, d’ajuster un peu plus son rôle qui ne montre pas grand- chose pour l’instant.

Ces détails mineurs ne masquent pas en revanche les performances impeccables des acteurs, de Ben McKenzie (qui devrait toutefois moduler un peu plus son visage un petit peu trop statique) à Donal Logue, en passant par Jada Pinkett Smith, le délicieux Sean Pertwee et l’excellent Robin Lord Taylor, de plus en plus terrifiant. A la semaine prochaine !