Ah, The Walking Dead, devenu au fil des épisodes notre punchingball favori. En même temps, la série donne le bâton pour se faire battre. Et cet épisode 5 n’est pas prêt d’inverser la tendance…

Dans le délicieux épisode précédent, nous avions droit à un focus sur la naïve Beth, aux prises avec des tarés en tout genre dans un hôpital, dont elle a tenté sans succès de s’échapper. Maintenant, nous retrouvons la bande de joyeux lurons composée de Maggie, Glenn, Eugene, Tara, Rosita et Abraham.

video-walking-dead-saison-5-episode-5-self-help
Leçon numéro… oh j’ai perdu le compte, disons 18329, pour faire quelque chose qui ressemble un peu à une série : piquer des éléments à certains scénaristes/réalisateurs pour les implanter dans sa propre tambouille et les associer avec son propre bidouillage ne fait PAS de ladite tambouille une bonne tambouille.

Premièrement, dans l’utilisation de plans sombres et ténébreux, deux personnages adossés à la fenêtre, s’échangeant des paroles existentialistes. Pourquoi cela ne marche-t-il pas ? D’une part parce que les personnages en questions sont sans relief et indigents (Abraham seulement sauvé par ses muscles de gros nounours et Glenn le personnage le moins attachant du monde), et d’autre part parce que ces personnages s’échangent des paroles d’une banalité affolante, aussi artificielles qu’eux : basically, ca se résume à “le monde va changer, hein?”. MON DIEU, NOTRE VISION DU MONDE EN EST BOULEVERSEE. Ces dialogues de poncifs, devenus une marque de fabrique de la série, vont bientôt nous obliger à nous préparer plus à vomir en les écoutant qu’en voyant de la chair de zombie, c’est dire. Citons en vrac dans l’épisode la discussion ultra intéressante sur les cheveux de Eugene, visiblement plus sujet à débat que la recherche d’une solution pour mettre fin à l’épidémie mondiale, une séquence de parlotte des amoureux les moins démonstratifs du monde (Glenn et Maggie) sur la culpabilité d’avoir laissé Rick and co derrière, et une réflexion profonde de Maggie anaphorisant les “peut- être”. Et peut-être qu’un jour The Walking Dead aura un certain niveau intellectuel, ouais.

the-walking-dead-spoilers-21

Ensuite, la manière de filmer l’érotisme, une chose à dire : n’est pas Hitchcock qui veut. Sans subtilité aucune, les scénaristes se cachent grossièrement derrière le gros Eugene pour jouer les “peeping tom” (voyeurs) devant Abraham et Tara lâchant sauvagement les chevaux. C’est sûr que c’est pas Cary Grant et Eva Marie Saint dans La Mort aux Trousses. L’expression “on ne peut pas tout avoir” n’a jamais aussi bien pris son sens que dans The Walking Dead… Il y a certes bien une bonne baston avec les zombies (certes, et comme toujours bien trop courte, mais c’est toujours ca de pris), mais elle est pervertie par un (faux) semblant de moment de cinéma sur ce qui se passe dans la tête d’Eugene. Vu que le personnage comme l’acteur respirent la vacuité, difficile désormais de ne voir autre chose qu’une tache sur l’écran avec ce genre de procédé… Quand en plus de l’érotisme on ne sait pas filmer la folie, autant s’abstenir, messieurs les producteurs et scénaristes. The Walking Dead pourrait amplement faire quelque chose de mieux, mais on dirait qu’il y a un blocage, littéralement et dans tous les sens : incapacité à faire une histoire crédible avec tous les personnages, donc séparation, incapacité à développer une vraie interaction entre les personnages et même à développer une vraie psychologie de ces personnages. C’en est frustrant, agaçant, déprimant…

The-Walking-Dead-season-5-episode-5-Bus-Flip

Pour parachever le tout, cet épisode 5 se clôt sur un final ultra capillotracté, mais prévisible si on se place rétrospectivement face au scénario et face au personnage. A vous de voir, mais ce final, qui a failli encaisser une censure (alors qu’il n’y a rien de bien choquant comparé à plein d’autres épisodes), nous a paru très convenu. Et bien sûr, l’actorat à disposition n’aide pas. Si Michael Cudlitz s’en sort avec une prestation bien moyenne (ce qui n’est pas un compliment), le reste du casting peut aller se cacher dans une poubelle. Que ce soit par quasi-inutilité (Tara, Rosita), ou par nullité absolue (la mécanicité d’Eugene devient risible, et Glenn et Maggie sont de plus en plus artificiels et de moins en moins supportables), les acteurs livrent une prestation qui finira comme, on l’espère, cette série : aux oubliettes.

On se demande bien dans combien de temps aura lieu la prise de conscience, du côté des producteurs comme du côté des 17 millions de téléspectateurs devant leur écran chaque semaine pour voir cette parodie de cinéma… Réponse vite… pitié.