L’épisode 7 de Gotham est une pure continuation de l’épisode 6, et ce qui devait arriver est arrivé ! Quant à nous, on s’en délecte. Explications

ATTENTION, SPOILER TRANSITIONNEL

A la fin de l’épisode précédent, la supercherie était découverte : Gordon n’a pas tué Oswald Cobblepot comme Bullock et Falcone lui avaient demandé. Si bien qu’au moment où le MCU l’arrête chez lui, Gordon est dédouané par Cobblepot himself qui se présente au commissariat, ce qui met en rage Bullock qui craint pour sa vie et rebat les cartes du jeu dans Gotham….

A présent, vous imaginez bien que Fish Mooney n’est pas très contente de savoir la (bonne ou mauvaise ?) nouvelle. Elle veut savoir le comment du pourquoi, et veut la peau et de Gordon, et de Cobblepot. Le policier est donc en danger, et plus que jamais il devra distinguer ses amis de ses ennemis, Bullock s’étant lui mis à l’écart…

 


Et dire que la Fox a annoncé 22 épisodes pour cette première saison de Gotham… Mais TANT MIEUX ! Tant mieux ! Parce qu’on va ainsi pouvoir avoir plusieurs épisodes du genre de cet épisode 7, le plus riche en actions jusqu’ici. On va aussi pouvoir avoir plusieurs épisodes bâtisseurs, tant au niveau de l’intrigue et des personnages qu’au niveau du suspense, des épisodes qui amèneront vers des épisodes comme l’épisode de cette semaine ! Nous atteignons donc un climax de la saison ; ce qui avait été entériné au début est finalement mis au goût du jour, avec l’apparition d’Oswald Cobblepot. S’ensuit un épisode tout en maestria : le proverbe « qui veut aller loin ménage sa monture » n’a jamais été aussi vrai. Tout en lâchant les chevaux, Gotham fait preuve d’une suffisante (et nécessaire) retenue pour ne pas tomber dans un pur épisode de guerre sans scénario. Ainsi, et sans se formaliser d’un passage obligé (la rupture des relations diplomatiques entre les différents protagonistes), Gotham fait son bonhomme de chemin en respectant les codes et du comics et du polar. Gordon puis Bullock y incarnent très bien les anti-héros par excellence, ceux qui sont intègres mais que la société n’intègre pas, et qui cherchent une rédemption, le maire James comme symbole de l’administration corrompue, et bien sûr la Mafia, représentée par Falcone, Maroni et Mooney. Quant au Pingouin, c’est l’élément perturbateur

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©WB

Et comme tout bon polar, ou toute bonne série policière qui se respecte, Gotham peut se targuer d’avoir de très bons acteurs pour faire vivre le pitch. Le premier acteur, c’est Gotham itself : en effet, si la série est nommée par rapport au nom de la ville, c’est pour insister sur ce caractère policier, sulfureux etc. D’ailleurs, même dans les comics, Gotham joue un rôle à part entière par sa corruption, ses tripots, ses recoins sombres, ses assassins, ses chauves-souris… Bref, Gotham est la déesse de l’histoire. Et l’atmosphère rendue par la série est dark à souhait, grouillante de secrets, de truanderie, d’impitoyabilité. Au fond, Gordon n’est qu’un prétexte, un prétexte qui illustre la mythologie grecque : Gotham, c’est Cronos, et comme Cronos, Gotham mange ses enfants, y compris son plus honnête fils. Certains se sortent de ce bourbier, mais c’est pour mieux devenir des dieux maléfiques prêts à retourner la situation à leur avantage (Mooney, Falcone, Maroni). Certains effectueront un compromis, sauveront leurs peaux en jouant finement (Bullock, la commissaire, le maire). Certains se révolteront contre ce système injuste et impur (Gordon). Et certains tenteront de s’appuyer sur tout cela pour coiffer tout le monde sur le poteau (Le Pingouin). Et ca, la série l’a saisi, et nous l’envoie à la tronche au rythme des balles et des passages à tabac.

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Quant aux acteurs à proprement parler, ils restent dans la veine de leurs interprétations habituelles, mais poussent un peu le curseur pour se fondre parfaitement dans le moule « épisode règlement de comptes ». Ainsi, citons Ben McKenzie, qui n’a jamais été aussi bon, mais aussi Jada Pinkett Smith, de plus en plus terrifiante à mesure que son poil se hérisse, Le Pingouin qui continue dans sa voie de psychopathe en puissance, mais aussi l’incontournable Donal Logue et son langage… châtié. Et sans compter un nouveau venu, le terrifiant Victor Zsasz, personnage des comics, très bien retranscrit par l’interprétation froide et stricte, littéralement, de Anthony Carrigan. Seule ombre au tableau : « l’américanisme », devenu de rigueur dans le cinéma américain, consistant en petites scènes ici et là d’émotions primaires cherchant uniquement à atteindre le spectateur dans son intériorité, et dont on se passerait bien. Ici, ca se résume à un ou deux baisers avec Barbara, et à un câlin de Bruce Wayne. Rien de très embêtant, donc. Ce qui marque plus, ce sont les révélations finales de l’épisode, assez inattendues, et qui promettent une suite explosive.

Dans une ambiance délicieusement prenante, et une intrigue et un fil rouge qui tiennent la route, Gotham n’a pas fini d’étonner. Sans chercher à être forcément génial, la série fait le job, et le fait bien. Au point de devenir un rendez-vous plus qu’agréable le mardi soir. Vite, la suite !