Tous les éléments sont une fois de plus réunis pour un nouveau bon épisode de Gotham !

Dans l’épisode précédent, la paire Bullock-Gordon se retrouvait confrontée à un psychopathe qui distribuait une drogue très vitalisante aux clochards de la ville. Parallèlement, Cobblepot fortifiait son allégeance à Maroni, tandis que Fish Mooney tissait sa toile devant lui permettre de faire tomber Falcone.

Pas question de Fish Mooney cette semaine. L’épisode va en effet se concentrer plus précisément sur les deux protagonistes principaux, Bullock et Gordon, et les intrigues qui gravitent autour d’eux. Ils doivent faire face à un tueur appelé Spirit of the Goat (Esprit du Bouc), qui a pour but d’enlever puis de « sacrifier » les fils/filles aîné(e)s des riches familles de Gotham. Particularité de ce cas : Bullock y a déjà fait face 10 ans auparavant, avec son ancien partenaire, Dix. Alors que celui-ci perdit l’usage de ses jambes, Bullock croyait avoir abattu le Bouc. Alors pourquoi le Bouc refait-il surface, des années après ? Dans le même temps, tandis que Gordon met les choses au clair avec Barbara, les agents de la MCU Allen et Montoya tentent de faire tomber Gordon pour le meurtre de Cobblepot…

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©Warner

Intelligemment, Gotham s’est donc évité la peine de compiler toutes les intrigues en un épisode. La fin de l’épisode de la semaine dernière nous ayant déjà donné de quoi patienter, la fin de celui de cette semaine en rajoute une couche. Auparavant, la série, par ces 45 nouvelles minutes, nous a encore fait montre d’une certaine originalité dans ses créations, en recyclant quelques bonnes vieilles idées (le flashback, l’ex-partenaire qui fait une chute fatale etc…). Le procédé est d’autant plus plaisant que par ce biais, on se focalise sur les personnages et on leur laisse ainsi toute la place nécessaire pour que, ainsi, tout l’épisode se construise autour d’eux. On avoue, on a un faible pour Harvey Bullock, cet espèce d’ours mal léché, qui a depuis longtemps pris le pouls de Gotham, en connaît les moindres recoins, et est prêt à mettre les mains dans le cambouis si ca peut lui permettre de faire régner la justice (ou « sa » justice ?). Cet épisode, qui prend racine dans les souvenirs de l’inspecteur, permet, sinon une introspection, du moins un focus sur l’esprit et la manière d’être du personnage. Ainsi, ce sera lui qui commencera, mais aussi qui conclura l’épisode, en même temps que l’affaire. Et comme on les aime : a contrario de The Walking Dead, qui passe son temps à nous donner mal à la tête par le « parlons d’abord agissons ensuite et foutons un cliffhanger à la fin », Gotham et Bullock tirent d’abord et posent les questions ensuite, sachant manier les impressions du spectateur. Et ce sans effusions de sang inutiles, ce qui est une prouesse à l’heure du déferlement de violence et du lobby des armes à feu

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Dans le même temps, James Gordon n’est pas laissé de côté. Apparaissant dans cet épisode plus comme un second couteau (dans tous les sens du terme, vu qu’il « reprend le rôle » de Bullock, au moment de la rencontre entre le duo et le Bouc) au niveau professionnel, il est bien plus évoqué au niveau personnel. Car si Bullock n’a pas (ou en tout cas on ne l’a pas encore mentionné) de véritable vie personnelle, il n’en est pas de même pour Gordon, qui vit avec Barbara. D’aucuns trouveront rébarbatif les dialogues entre Gordon et sa fiancée, et ils auront sur la forme raison, car rien de plus emmerdant que des discours à l’eau de rose dans une série policière. Toutefois, considérant le passé de Barbara (relation avec Montoya) et sa place dans la ligne scénaristique de Gordon, la place de l’eau de rose n’est pas usurpée, et la série la manipule astucieusement pour la faire la moins chiante possible tout en la liant au fil rouge qui lie Gordon (le faux meurtre de Cobblepot). La seule chose qu’on pourrait reprocher à ce traitement est le fait que Barbara Gordon a toujours l’air d’une cruche un peu empotée et sans expression. La fin de l’épisode et le début du second devraient apporter les fruits de cette stratégie de storyline.

Ajoutez à cela un petit détour par la case Edward Nygma, dont le jeu de Cory Michael Smith expose bien toutes les facettes de sa névrose (la scène avec sa collègue de la documentation est la plus hilarante de la série jusqu’ici), une petite curiosité pour l’instant sans suite avec l’entrée par effraction de la revenante Selina Kyle, plus aperçue depuis quelque temps, dans le salon de Bruce Wayne, la nouvelle étape de la montée en puissance du Pingouin, ainsi qu’une histoire d’esprit tueur assez fascinante dans une atmosphère délicieusement sombre et vous aurez l’épisode de la semaine ! A travers le fond (les intrigues autour des personnages qui commencent à se démêler) comme la forme (un scénario digne d’un comics, c’est presque à se demander si le créateur Bruno Heller n’a pas pris de cours chez DC Comics), Gotham continue de prouver qu’elle est une bonne série du moment. Et le cliffhanger final de créer en nous de l’impatience pour la suite