John Constantine est un (anti-)héros maudit. Maudit dans les comics, où son cancer des poumons le rapproche toujours un peu plus de l’enfer. Maudit aussi de par ses adaptations : le film de Francis Lawrence, sorti en 2005, et que votre serviteur avait été voir au cinéma à l’époque, était une série B qui faisait rire malgré elle de par son premier degré et son scénario tiré par les cheveux (et aussi peut-être à cause de Keanu Reeves). Et en 2014, la malédiction recommence, sur NBC cette fois. Et c’est moche.

Moche car j’aime bien John Constantine. Mais il faut avouer que reconstituer cet univers si particulier et être capable de bien écrire le personnage de Constantine ne semble pas vraiment compatible avec l’idée de faire une série grand public, à moins d’avoir beaucoup de talent. Lawrence n’avait pas réussi à trouver le bon équilibre (trop de premier degré, incohérences à foison) et avait livré un nanar (sympathique certes, mais un nanar quand même) ; ici, David Goyer et Daniel Cerone sont dans l’excès inverse : à vouloir faire de Constantine un type sympa, ils l’ont banalisé.

Néanmoins, tout n’est pas à jeter. Au moins, on a un Britannique dans le rôle principal, Matt Ryan, ce qui est une bonne chose. Ensuite, le pilote passe plutôt rapidement, même si certaines séquences traînent en longueur et que l’écriture est fainéante. Lucy Griffiths est jolie. Mmmh, je crois que c’en est déjà fini des points positifs.

 

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©NBC

Le gros problème de ce pilote, c’est qu’il manque de tout. Son héros n’est pas à aucun moment badass ou même touchant ou agaçant ; pour compenser, on sent que Matt Ryan se donne à fond, mais il ne fait que cabotiner sur du vent. L’épisode est mal filmé – pourtant on retrouve Neil Marshall derrière la caméra (The Descent) – et mal écrit. Ce sont Goyer et Cerone qui s’en sont chargés, mais je trouve le tout assez mou et vu et revu des centaines de fois, que ce soit tout ce qui concerne le fil rouge narratif, les relations entre les personnages ou même les blagues de Constantine.

Mais le pire, c’est le personnage même de John Constantine. Dans le film, il faisait la gueule tout le temps (Keanu Reeves style) ; dans la série, il sera votre meilleur ami, blagueur et amateur de punchlines à la Horatio Caine. Pas de cigarettes, ni de cancer, et surtout pas de critique sociale ou une remarque déplacée ; Constantine est devenu un héros troublé certes par un drame passé, mais surtout jeune et dynamique. Tout le contraire du comics de base en somme. Alors, si le pilote avait été bon, j’aurais sans doute passé l’éponge, mais ce n’est pas le cas.

Pour résumer, si vous êtes fan des comics de base, passez votre chemin. Si vous êtes friand de séries fantastiques, il y a bien mieux ailleurs, et Constantine ne renouvelle en rien le genre. Donc au final, sauf si la qualité de la série augmente significativement, il ne sert à rien de regarder Constantine, sauf si vous vous ennuyez énormément.