Alors que le film (que l’on avait adoré) sort en vidéo le 22 octobre, retour sur le manga en deux volumes qui a inspiré le film Edge of Tomorrow et qui vaut le détour…

Souvent, quand on pense à « manga », on visualise les séries de dizaines de tomes qui ne finissent jamais. Eh ben c’est très loin d’être le cas avec All You Need Is Kill, en deux volumes sortis en mai de cette année. En fait, pour être exact, à la toute origine, il s’agit d’un light novel, c’est-à-dire un roman japonais pour ados. Mais le titre a gagné du succès quand il a été adapté en manga, avec les dessins du très populaire Takeshi Obata (Death Note et Hikaru no Go, c’est lui) et le scénario de Ryosuke Takeuchi. On retrouve le graphisme très détaillé et précis du mangaka, entouré d’une atmosphère lourde et violente voire gore, malgré ses traits fins et sobres. Son style est assez impressionnant, très reconnaissable mais surtout très propre.

©Kazé

Au niveau de l’histoire, la Terre est bien envahie par des Mimics, ces créatures extraterrestres dont on ne sait pas grand-chose mais qui semble décimer les humains. Le salut de l’humanité semble reposer entre les mains de Rita Vrataski surnommée la Full Metal Bitch avec sa hache plus grande qu’elle. Le héros du manga est très différent du soldat Cage du film. En effet, ici, on retrouve un petit bleu du nom de Keiji Kiriya qui se réveille un jour avant une grande bataille où il va mourir, et qui réapparait à revivre inlassablement les mêmes journées. Même s’il y a cette répétition des boucles temporelles, les événements qui surviennent ne sont jamais les mêmes, et en lisant, on n’est jamais lassé. Bien sûr, tout va changer le jour où il va croiser la route de Rita, les choses s’accélèrent et on sent que la fin est proche. Bien vite, on s’aperçoit qu’ils n’ont gardé que l’univers et le personnage de Rita comme points communs entre le film et le manga.
Le contexte est plus fourni également, on apprend des choses par exemple sur la constitution de l’armée de Défense Unie, mais aussi sur le ressenti des deux personnages principaux quant à leur pseudo immortalité. Quelques chapitres développent leur relation vis-à-vis de l’autre. De par son format assez court, le lecteur est plongé au cœur de l’action dès les premières pages. C’est pas plus mal, car souvent les scènes d’exposition sont longues et inutiles. Là, on découvre aux côtés de Keiji comment se passe une résurrection.

Si comme moi, ce que vous avez préféré dans Edge of Tomorrow, c’était le concept des boucles temporelles (et la prestation d’Emily Blunt, mais bon), ce manga est fait pour vous. Et au cas où vous vous le demanderiez, non, ce n’est pas trop court pour boucler l’histoire (pun intended). Au contraire, ça donne une dynamique plus intéressante. Ça reste un shônen assez classique, de la baston, un peu de mécha, une très légère touche de romance sans fan-service, mais surtout un héros torturé. Il faut le comprendre aussi, il est mort tellement de fois… En tout cas, on est loin de Hollywood si vous voyez ce que je veux dire…