Alors qu’elle vient tout juste de se voir commander 6 nouveaux épisodes, preuve de confiance placée en elle, Gotham monte en puissance, et signe ici son meilleur épisode jusqu’à présent.

ATTENTION, SPOILER TRANSITIONNEL

Après une traque d’un tueur au ballon météo, le dernier épisode se finissait sur une apparition d’Oswald Cobblepot au seuil de chez Gordon. On apprenait aussi que Barbara Gordon… aimait les femmes, au point d’avoir une relation il y a quelques années avec une aujourd’hui collègue de Jim.

A présent, Jim Gordon, déjà en plein maëlstrom conjugal, est confronté à une affaire d’assassinat de conseillers municipaux. 1, puis 2 sont descendus par un tueur à gages aux méthodes particulières. C’est là qu’Oswald Cobblepot rappelle à l’inspecteur qu’une guerre se préparait. L’enjeu ? Arkham…

 


Ca y est ! On a l’impression, au travers de ce 4e épisode, que Gotham est bel et bien lancé ! Ce nouvel épisode, ciselé, cru, taillé au couteau, est une réussite. L’atmosphère, les décors, sont encore une fois au rendez-vous dans ce comics-series respectueux de l’ambiance qui entoure la bande dessinée et le personnage originaux. Les intrigues sont mises en place : Cobblepot se fond petit à petit dans la nasse, Gordon est déjà un officier confirmé, Fish Mooney a lancé sa guerre contre Carmine Falcone, et, parce qu’il faut bien un peu de romantisme pour les Américains, Barbara Gordon a commencé à enfin ouvrir les yeux sur son mari. Mieux : plus qu’un scénario original bien ficelé, la série ne manque pas de mettre à jour la corruption qui règne dans les milieux dirigeants de Gotham, faisant du même coup un petit tacle glissé à la société américaine. En prime, sans tomber dans ce que The Flash récemment nous a offert, elle ne tombe pas dans le pathétique et le fan service gratuit, pour plutôt évoquer subtilement des passages glorieux de la mythologie Batman, à travers d’une part un Gordon qui veut protéger Barbara des affaires criminelles, ce que Barbara n’entendra pas ( on vous laisse lire les comics pour savoir ), et un Gordon d’autre part qui confirme à Bruce qu’il reste des gentils et qu’un homme, si courageux soit-il, pourrait aider à changer cela ( tiens, ca nous rappelle quelque chose, ca )

gotham

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Ici, dans ce qui a tout l’air d’un mini-polar, plusieurs scènes passent à la postérité, telle celle hilarante de l’employée de bureau qui se croit braquée par Gordon et Bullock ou encore celle de l’affrontement avec le tueur à gages. Hormis un montage ultradouteux balancant la pub au climax de l’action, et donc de briser totalement la tension dans une des scènes de traque, l’épisode est bien mené, nous guide dans une enquête encore une fois très prenante, et réalise tous les fantasmes possibles des fans, comics… et extra-comics : après tout, quoi de plus kiffant qu’un crêpage de chignon féminin version série noire, en face d’un des patronnes de la pègre ? On en a rêvé, Gotham l’a fait, et sans trop salir l’image de la femme ! Intègre, la série peint justement et à l’acide sulfurique un portrait de la ville la plus célèbre à l’ouest des planches de travail, une ville pourrie jusqu’à la moëlle, mais surtout une ville corrompue et corruptrice, où tout peut aller vite, mais où surtout, si on veut s’en sortir, il ne faut pas suivre les règles mais les opportunités, et toujours compter un coup d’avance sur ses adversairees. Les personnages de Oswald Cobblepot, Fish Mooney et de la jeune minette magnétique Liza sont là pour nous le prouver.

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Alors il ne s’agit pas de s’emballer, loin de là. Après tout, nous n’en sommes qu’à 4 épisodes. Mais peu à peu, on se prend d’affection pour cette série qui laissait dans l’appréhension à première vue, et prenait la relève des Batman d’un Nolan qui ne veut plus en entendre parler, mais qui au fond marque par sa simplicité. Sa simplicité, mais aussi son esthétisme, le soin apporté aux personnages, aux lieux, à la mythologie sont plus que plaisants. Prenant soin de la respecter, elle s’y appuie aussi pour mieux s’en émanciper la tête haute, dans un mélange où se coulent bien les acteurs. D’abord hésitant au début, Ben McKenzie se révèle un Gordon de plus en plus attachant, qu’il fait bon suivre dans ses prises de positions comme dans ses prises de conscience, bien aidé par un Donal Logue toujours apprécié en Harvey Bullock. Robin Lord Taylor, quant à lui, campe très bien un futur Pingouin pas encore mûr pour prendre le pouvoir, mais qui étape par étape va devenir le prochain gros trublion dans le bordel ambiant. Mention spéciale à sa capacité à faire du Charlie Chaplin avec ses jambes pour mieux faire le Pingouin ! Quant à Jada Pinkett Smith, elle est excellente en “femme de pouvoir” dans cet épisode. Plus qu’un “sidekick”, elle est un personnage fin stratège, qui, à l’image de ses apparitions sporadiques, place bien ses coups.

On a donc le sentiment que c’est bien parti pour Gotham. Tendance à confirmer !