C’est la rentrée pour The Walking Dead ! Après de longs mois d’attente, les fans ont pu se repaître avec joie du retour de la désormais culte série de zombies. Toutefois, si l’attente s’est vue justifiée dans le fond, c’est la forme qui dérange… Explications

PREVIOUSLY, ON THE WALKING DEAD (ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL)

A la fin de la saison 4, Rick et ses potes découvrent que le Terminus… risque bien de faire valoir son nom puisqu’au lieu de trouver le « sanctuaire » tant attendu, ils tombent sur des mecs franchement chelous qui les dépouillent et les capturent. Seuls Carol, Tyreese et Bébé Judith sont encore dehors, en vadrouille à la recherche du Terminus, tandis que Beth a disparu depuis maintenant un certain temps, emmenée par des inconnus.

Now, nous reprenons où nous les avons laissés : le groupe de Rick est enfermé dans un énorme container, et échafaudent un plan pour s’en sortir (« They screwed with the wrong people »). Toutefois, les psychopathes du Terminus les gazent à la lacrymo et les emmènent dans un entrepôt où ils se livrent, littéralement, à une boucherie. Et pendant ce temps, Carol, Bébé Judith et Tyreese essaient d’échapper aux zombies… mais pas que.

 

walking dead

©AMC

On a pointé dans la review des 4 premières saisons le, disons-le franchement, manque de couilles de la série, ses dialogues qui sonnent 90% du temps creux et ses personnages à peine développés. Il faut rendre à César ce qui est à César, ce premier épisode fait sentir un radical changement de direction. Les producteurs l’ont avoué, et le boss de la musique, Bear McCreary, a même tweeté de ne pas laisser les enfants regarder The Walking Dead. La raison ? « La violence monte d’un cran », dit-il. Et c’est vrai, on ne peut plus vrai. Si il est appréciable de voir des zombies au bout de 5min d’épisode au lieu de 25, et durant tout l’épisode au lieu d’une brève apparition de 3min, ce qui est quand même le minimum dans une série de zombies, ceux-ci sont déclencheurs d’une, appelons encore une fois les choses telles qu’elles sont, boucherie. La série retombe dans un des travers qui noircissait le tableau : trop de violence. Tant que ca en devient gratuit. A l’heure des tueries aux Etats-Unis, et des problèmes avec les armes à feu, il est en effet de bon ton que les enfants se tiennent à l’écart de cette saison 5. La majeure partie de l’épisode se tient dans le Terminus et accumule tuerie sur tuerie que ce soit au couteau, aux poings, mais surtout avec des flingues/snipers/AK-47 dans un scénario qui pourrait très bien figurer dans le prochain opus du jeu le plus abrutissant du monde, je veux bien sûr parler de Call of Duty. First person shooter, armes en tout genre, des zombies, peu de dialogues à part pour balancer des poncifs…

The Walking Dead délaisse, et on espère que c’est temporaire parce qu’on aura bien besoin de ça pour ne pas tomber dans le dégoût d’un trop plein de violence, ses personnages, devenus pions dans le feu d’une action sanguinaire. Une exception toutefois : Carol, qui devient enfin un petit peu attachante au travers d’une caméra isolée sur ses mouvements. Idée à creuser, car nous ne sommes qu’inégalement attachés aux personnages, certains comme Daryl se suffisant à eux-mêmes, d’autres moins alors qu’ils ont le potentiel (comme Glenn). Mais d’autres, comme Carl, resteront décidément à jamais dans nos coeurs comme des personnages insupportables. Toutefois, si l’on en juge (et c’est bien le seul critère qu’on peut juger) par leur physique, les acteurs, notamment Andrew Lincoln et Norman Reedus, ont paru plutôt affûtés après cette longue trêve.

Walking Dead

©AMC

Que dire de plus, afin d’éviter de passer pour des jamais contents ? La série tient le bon fil directeur, c’est incontestable : plus de zombies et d’opposition avec ces zombies, une tension vraiment présente et pas artificielle, et des personnages qui semblent vraiment rentrer dans leurs rôles. Mais pour élever un peu le niveau, il faut continuer la focalisation sur les personnages, et surtout bien moins de violence. Alors oui, c’est une série de zombies, certes la violence est nécessaire. Mais il faut aussi penser au public, et surtout au jeune public, notamment américain, pour qui non seulement ca apparaît comme amusant, mais en plus est déjà baigné dans une société de violence. Ce n’est pas avec ce « feu par le feu » défendu par Eugene dans l’épisode que les effets secondaires cesseront. Comme un symbole, d’ailleurs, le seul idéaliste, Tyreese, faillit dans ses valeurs…

A la fois intrigant et repoussant, la saison 5 de The Walking Dead nous laisse pour l’instant dans l’expectative.