On attendait beaucoup de cette saison 4 après la déception Coven et on ne peut pas dire que Freak Show nous a déçus.

Cette saison 4 prend ses marques en Floride dans les années 50 où un Freak Show s’installe péniblement sur les terres. Devant le succès déclinant, Elsa Mars (Jessica Lange) expatriée allemande, ancienne chanteuse de cabaret cherche à briller de nouveau. Elle apprend l’existence de soeurs siamoises Bette et Dot (incroyable Sarah Paulson) qui ont assassinées leur mère.

Après deux saisons plutôt sobres (la 1 et la 3), Ryan Murphy semble se dire que les saisons paires sont là pour décomplexer tout ce petit monde et déverrouiller les plus bas instincts des scénaristes. La saison 4 ira sûrement côtoyer la saison 2, Asylum, dans le grand guignolesque, mais on ne va pas bouder notre plaisir. Encore une fois, American Horror Story prouve qu’elle en a dans le ventre et se réveille après une saison 3 un peu en deçà des attentes. Devant une audience de plus en plus nombreuse, la série propose avec Freak Show, une saison qui s’annonce haute en couleurs.

freak show

©FX

Jugez plutôt, chaque acteur (que l’on connaît bien maintenant:  Evan Peters, Denis O’Hare, Frances Conroy, Kathy Bates, Angela Bassett, Gabourey Sidibe…) incarne une figure quasi culte des Freak Shows.  Il faut voir Evan Peters jouait Jimmy Darling, un homme-homard avec ces mains difformes ou encore Kathy Bates jouer une femme à barbe. On nage en plein délire formel ! Et que dire des soeurs siamoises incarnées par une Sarah Paulson possédée qui ecclipse facielement Jessica Lange. Si on tique un peu sur le procédé numérique des deux soeurs, on aime que la mise en scène s’adapte en proposant des plans fichtrement bien pensés. S’ajoutent à eux, des vrais freaks acteurs comme Mat Fraser (l’homme-otraie) ou la mignonne Jyoti Amge, plus petite femme au monde.
Jessica Lange incarne à nouveau cette figure matriarcale coincée entre un rêve américain inaccessible et un désir de pouvoir fort. Le rêve américain est un peu le filigrane des 4 saisons quand on s’attarde sur les tenants et aboutissants voires les motivations des personnages principaux. Si la recherche de la vie de couple parfaite (Muder House), d’une vie de groupe encensant des valeurs (Asylum), d’une recherche de l’immortalité spirituelle ou formelle (Coven) ou ici, dans Freak Show, d’une re(co)nnaissance transpirent les 4 saisons, on peut aussi ajouter à celà une peinture du sexe assez troublante.

Par tous les moyens présentés, le sexe n’a jamais été quelque chose de bon dans la série. Il faut voir l’orgie ou le « sale boulot » de Jimmy Darling n’être que des scènes quasi gênantes. Freak Show garde toute la puissance évocatrice d’American Horror Story. Ce premier épisode introduit très bien l’univers et les enjeux des personnages principaux. Encore une fois, un meurtrier vient caresser les intrigues secondaires. Cette saison, ce n’est autre qu’un clown on ne peut plus effrayant qui se présente. Jamais, vous n’aurez une représentation aussi flippante d’un clown. Passez votre chemin, si vous avez une sainte horreur de ce personnages censés faire rire.

Freak Show propose un générique qui est un petit bijou esthétique et confirme qu’American Horror Story est l’une des séries qui osent le plus depuis facilement 10 ans. C’est donc un très bon départ pour cette saison 4 qui confirme tout le potentiel de la série.

Retrouvez les critiques des précédentes saisons Murder House, Asylum et Coven.