J’ai reçu de la part des éditions Flammarion ce Livre qui console. Les textes sont de la journaliste Marie Salomé Peyronnel (Glamour, Technikart) et les illustrations du brillant Joann Sfar. Qu’on aime ou qu’on aime pas ses dessins, ils collent parfaitement au thème de ce petit recueil, florilège de textes, histoires et pensées sur le thème des larmes.

Le livre qui console nous plonge dans un univers co-inventé par Marie Salomé Peyronnel et Joann Sfar sur le thème des larmes. Le livre alterne petites histoires, réflexions, théories et interviews. Diverses raisons de pleurer, diverses explications. Larmes de joie, larmes de tristesse, Marie Salomé Peyronnel passe différentes situations en revue. Elle est aidée par Joann Sfar, qui illustre, comme il sait le faire, de visages de femmes défaites par la peine. Elles portent de grosses larmes sur leurs joues. Toutes semblent un peu représenter les deux sœurs jumelles du début du livre. Proches mais séparées par le départ de l’une d’elles à New York, elles sont le fil rouge du Livre qui console.

livre-qui-consoleLe livre qui console s’intéresse à diverses choses. Les expressions courantes : pourquoi dit-on des « larmes de crocodiles » ou « pleurer comme une madeleine » ? Pourquoi les larmes permettent-elles aux yeux de rester en bonne santé, de quoi sont-elles faites, pourquoi arrivent-elles à un moment précis ? Qu’appelle-t-on larmes de tristesse, ou larmes de joie ? Pourquoi le même phénomène pour des émotions si différentes ? Marie Salomé Peyronnel joue aussi le jeu de la fiction : elle invente de manière efficace diverses situations où les personnages ont à faire aux larmes. La douleur d’un décès, le départ d’une sœur… Elle nous met quelques claques au passage.

Je ne dirais pas forcément que Le livre qui console, console, mais qu’il permet de prendre de la distance vis-à-vis de la douleur, la tristesse, et des larmes en général. Je dirais même qu’il aide à assumer certaines émotions, en nous faisant réfléchir à leur propos. Les textes sont humbles et pleins de bonne volonté. La mise en page est amusante et permet une lecture agréable et ludique.

Quant aux illustrations de Joann Sfar, elles ont le don de nous transporter dans des univers à part entière, mais qui sont très proches les uns des autres de par ce thème qu’ils concernent.

Un regret peut-être concernant les « listes » : de chansons et films qui font pleurer, de chansons qui empêchent de pleurer, etc. Je n’ai pas trouvé cela utile. Le livre se suffisait à lui-même ainsi, point trop n’en faut. Elles sont, de plus, un peu trop clichées et attendues.

Enfin, Marie Salomé Peyronnel nous fait quelques rappels de grands moments de littérature avec des extraits de classiques, comme par exemple celui-ci, de Roméo et Juliette de William Shakespeare :

« Love is a smoke raised with the fume of sights ;

Being purged, a fire sparkling in lovers’ eyes ;

Being vexed, a sea nourished with loving tears. »