L’histoire d’une relation de A à Z, c’est la proposition d’une des (nombreuses) nouvelles comédies de NBC. En choisissant la Mère de « How I Met Your Mother », « A To Z » conserve-t-elle son capital sympathie?

Andrew est un éternel romantique qui travaille dans une start-up éditant un site de rencontres en ligne. Zelda est une avocate bosseuse, élevée par une mère hippie divorcée, qui est extrêmement terre-à-terre sur les choses concernant l’Amûr (et les patates autour, ça va de soi). Archétypes de comédie romantique? « A To Z » en est consciente, et n’hésite pas à vous l’exposer en tant que tel dès les premières minutes. Pas de mystères, pas de chichis, pas de twists : ces deux-là vont se rencontrer et se voir pendant 8 mois et des brouzoufs. A toi, téléspectateur, de faire en sorte que ces 8 mois soient parfaitement documentés au-delà d’une poignée d’épisodes.

A To Z NBC

Nul doute que Ben Quinn, scénariste du second volet de « Cars » et cocréateur de l’avortée « Drive » (mais oui ce thriller avec Nathan Fillion en course auto à travers les Etats-Unis… non? Bon.) a assimilé beaucoup de sitcoms single-camera et de comédies romantiques avant de nous servir le pilote. Il garde ainsi le style des premières, fait de digressions et présentations rapides et amusantes des personnages, de voix-off envahissantes (le ton calme et impliqué de Katey Sagal est pour beaucoup dans la tolérance de la narratrice), et la substance des secondes. « A To Z » ne semble pas avoir pour prétention le bouleversement de l’ordre établi, en y ajoutant une dose de suspense ou de concept malin (hello, « Mixology »). Premier abord maladroit, réflexion sur la destinée qui fait bien les choses, premier rencard désastreux…. Tout y est, tout y passe, ne manque plus que la « Bingo Card » du téléspectateur pour valider les lieux communs. Oui, mais « A To Z » arrive quand même à fonctionner. Pourquoi?

Très certainement grâce au capital sympathie acquis par ses deux rôles principaux. Si la saison 9 de « How I Met Your Mother » a eu beaucoup de détracteurs, elle a fait la quasi-unanimité autour du personnage de la Mère, Cristin Milioti, qui s’est tirée de toutes ses scènes admirablement bien et n’a eu aucun problème à créer de l’alchimie avec le reste de la bande. En tant que créatif névrosé et hyperactif, Ben Feldman a hérité d’un rôle sans merci dans « Mad Men », mais arrivait souvent à se tirer des pièges tendus par Matthew Weiner, apportant souvent une caution comique dans une série souvent tendue et sombre. Les deux comédiens n’ont donc aucun mal à créer une vraie alchimie en une vingtaine de minutes : la fraîcheur de l’une complète l’énergie débordante de l’autre. On en viendrait presque à oublier les personnages secondaires, lourdauds, mal dégrossis et purement utilitaires avec lesquels ils doivent composer. Tout comme le concours de circonstances volontairement forcés qui donne du grain à moudre à la seconde partie du pilote.

« A To Z » est, au final, un pilote péchu et agréable mû par deux pros polyvalents des séries américaines, qui ne prétend pas autre chose que de faire fonctionner son charme. Mais l’inévitable collection de casseroles et anecdotes personnelles tout comme des références pop culture datées et bizarres (coucou « Retour Vers Le Futur ») risque bien de faire pencher la balance vers le pire des rom-coms télévisées de ces dernières années (coucou, les dernières saisons de « How I Met Your Mother », la bise à « Mixology »). Espérons que « A To Z » ait un plan B pour régler ces erreurs de jeunesse.