Cela fait déjà plusieurs mois que CBS s’enflamme pour sa nouvelle série Extant, qui s’offre le luxe d’avoir Halle Berry dans le rôle principal. Une autre preuve que le petit écran attire de plus en plus de stars de cinéma. Reste à voir si l’histoire et les acteurs qui entourent la star permettent au show de se frayer une place au soleil parmi les séries estivales.

Il faut l’avouer, sur ce coup-là, CBS va droit au but et ouvre la série sur les deux principaux thèmes du show : l’espace et ses mystères avec un plan du vaisseau spatial, puis la grossesse improbable de Molly avec un plan de… ses nausées matinales. Deux fils rouges du show qui prennent d’autant plus d’importance au fur et à mesure du pilote, après leur mise en perspective avec les autres éléments présents : le premier fils de Molly, un « Humanichs » (c’est-à-dire un robot humanoïde), un ex petit ami mort mystérieusement, ou encore le suicide d’un astronaute déprimé. Le pilote d’Extant joue donc parfaitement son rôle et pose parfaitement les bases d’une série de science-fiction.

Après avoir passé un an dans l’espace, où elle a vécu une expérience intense, l’astronaute Molly Woods tente de reprendre une vie normale auprès de sa famille composée de son mari, John, un scientifique surdoué, et Ethan, leur fils, un petit garçon pas comme les autres. En effet, celui-ci n’est pas le fruit naturel de leur union, vu que Molly est stérile : il a été conçu par son père comme le premier prototype d’une future lignée de « Humanichs », des « robots humains ». Mais le retour de Molly va justement avoir des conséquences dramatiques sur la planète entière et sur le destin de l’humanité…

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©CBS

Avec des intrigues qui ne se croisent que rarement, Extant parvient à réussir ce pilote en imposant un rythme qui rappelle une période révolue : les 90s. Ni original, ni moderne, Extant se trouve coincé dans une space-temps où même Goran Visnjic ne semble pas avoir vieilli depuis Urgences. Avec un ton et un rythme d’un autre temps, Extant déploie son histoire et son univers avec un timing millimétré. Les flashbacks ponctuent le pilote avec une fluidité qui fait plaisir. Chaque scène joue son rôle et il n’est rare de se sentir intrigué par une histoire qui n’a pourtant rien d’extraordinaire. Si le jeu d’acteurs n’est pas aidé par des dialogues un peu moyen, ce pilote pose de très bonnes bases pour explorer des thématiques de SF qui font plaisir. Halle Berry est une héroïne qui fait le taf et qui arrive à s’effacer et faire oublier son statut de star de cinéma. On retrouve l’insupportable Hiroyuki Sanada  (LOST, Helix) dans ce pilote qui sort un peu de son personnage coincé mais reste encore bien fade.

Piochant à droite et à gauche de la science-fiction, Extant prouve que la SF sait intéresser malgré des thèmes déja-vus. On pense à Helix évidemment. Ici, c’est La Mutante et A.I. qui montrent le bout de leur nez. Il est encore trop tôt pour savoir où ira la série. Produite par Spielberg, Extant n’est pas boursouflée par un trop plein d’éléments sensationnels. Le pilote, tout en sobriété, déroule son histoire, ses personnages et ses thèmes. Il y a déjà des bases assez solides pour développer cette histoire de science-fiction et pourquoi pas offrir une série de genre réussie.