Après s’être introduits dans une banque dans l’épisode précédent, Clara et le Docteur ne prennent toujours pas de repos ! Les voilà confrontés chacun à un nouveau problème d’ordre fantastique, mais aussi à un problème d’ordre tout court…

Clara mène une vie effrénée. Une vie compliquée. L’intrusion de Danny Pink dans sa vie est à la fois un bonheur et une complication supplémentaire : en effet, souhaitant cacher sa double-vie à son petit ami, elle accumule les mensonges, tout en jonglant entre rendez-vous et voyages temporels. Mais quand un robot destructeur débarque sur Terre, agissant tout près de l’école de Clara, les choses changent

 

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Crédit BBC

C’est ainsi que nous retrouvons nos voyageurs temporels préférés. La série s’éloigne pour cet épisode des sentiers battus en reléguant
l’intrigue au second plan, ou du moins au plan d’agitatrice et de complexificateur. Parce que, somme toute, un robot tueur est quelque chose d’assez classique dans Doctor Who ( robot dont le design nous rappelle celui de films de SF classiques tels que Alien ou Independance Day ). Non, ici, ce qui est au centre est le triangle Clara-Danny-Docteur. Rappelons ici que Clara est la première compagnonne à avoir un petit copain : comble de malchance, ce sont deux protagonistes qui ont tout pour se détester ( l’un est arrogant, vieux, et déteste armes et soldats, l’autre est un ex-soldat, jeune, amoureux de Clara donc potentiel ennui quand le Docteur a besoin de Clara ). Alors la série s’est dit qu’il y avait matière à faire pour gérer ce passage obligé de la série.

Que l’on soit clairs et honnêtes : cet épisode pourrait décevoir les fans attendant un pitch sur la lancée des épisodes précédents, et nous-mêmes, rétrospectivement, ressortons de cet épisode avec moins d’adrénaline (taux qui remonte quand même avec le salto de Danny à la fin) qu’après les précédents. Mais plusieurs circonstances se prêtaient à ce choix de scénario : outre le fait que Clara soit la première à choisir une telle gestion de vie, bâtir une intrigue plus grande aurait pu également décevoir, dans la mesure où la rencontre entre Danny et le Docteur aurait été bâclée. Or ici, c’est à la suite d’un évènement « extraterrestre » et théâtral (dans tous les sens du terme) que la vérité éclate. Déboussolant, le but de l’épisode était certainement de brouiller les pistes, mais de toujours laisser une lumière au spectateur pour qu’il ait un coup d’avance sur les personnages. En outre, extraterrestre prend ici une autre signification : certes, c’est une petite intrigue avec un petit robot, c’est donc un petit surgissement du surnaturel. Mais l’extraterrestre, c’est aussi la présence et le comportement en soi. Et qui en est le plus représentatif ? Le Docteur, of course. Grimé en concierge (« caretaker » en anglais), il s’avère être l’employé le plus spécial ( et le plus funky, dans tous les sens du terme ) de l’histoire de l’école. La série a ici appuyé sur le surnaturel que colporte lui-même le Docteur, et s’en est servi pour distiller ici et là des séquences assez hilarantes (notamment avec la jeune Courtney Woods, ou encore avec celui que le Docteur croit être le petit ami de Clara car il ressemble à Matt Smith).

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Crédit BBC

 

Enfin, rappelons que le choix de Peter Capaldi dans le rôle a fait prendre à la série un chemin scénaristique différent dans la relation avec Clara, passée d’ambigüement amoureuse à père/fille. Et quand on y regarde de plus près, c’est aussi cela que l’épisode décrit : une certaine métaphore relationnelle au niveau du père ( voir qu’on ne peut pas tout contrôler, et encore moins les sentiments, surtout quand on est le vieux dernier représentant de son espèce ), mais aussi au niveau de la fille ( Clara est « The Impossible Girl », et non « The Impossible Woman » ), en pleine découverte introspective et extrospective à la fois ( avoir un petit ami quand on a un passé de gouvernante puis de nourrice, dans ses anciennes vies, et faire des voyages spatiaux, ce n’est pas de tout repos ).

Tenant sur ses effets comiques, et dans la lignée d’épisodes avec prise de risques maximum, le cru de la semaine se révèle un peu moins fruité que de coutume, mais on y goûte toutefois toujours avec plaisir. Personnage dont on savait que l’importance allait aller croissante, Danny Pink est plaisant, loin de l’image d’un amoureux transi sans relief, pour plutôt être un homme complexe et encore quelque peu énigmatique, tout cela grâce à la juste interprétation de Samuel AndersonDécidément meilleure compagnonne de la presque décennie whovian, Jenna Coleman est une fois de plus excellente. Il est à signaler que c’est aussi la compagnonne avec le plus de relief et le plus d’exposition depuis Donna Noble (qui avait eu un épisode rien que pour elle, ainsi qu’un rôle déterminant à la fin de la saison 4). Quant à Peter Capaldi, son arsenal tragi- comiqiue est toujours un délice pour les yeux. Les indépendantistes écossais se consoleront du fait que l’Ecosse fasse toujours partie du Royaume-Uni en se disant que Capaldi et son accent écossais, après Tennant, porte bien haut leurs couleurs. A la semaine prochaine pour…