Vous avez faim ? N’allez donc pas voir Les recettes du bonheur, alors ! Si vous avez un petit creux, de voir ces enchaînements de plats indiens fumants et ces mets traditionnels français juste à point, vous ferez mieux de préparer le restau en sortant.

Comme on peut si attendre, c’est un petit feel-good movie qui ne déçoit pas, même en comptant tous les clichés qu’on peut y retrouver. A l’origine, il s’agit d’une adaptation libre du roman du même nom  (en VO : The Hundred-Foot Journey) de Richard C. Morais, et l’histoire a tellement plu que le projet d’en faire un film a été endossé par Oprah Winfrey et Steven Spielberg quand même, alors comment résister ?

Tiens, par exemple, les plans pris à contre-jour où seule la silhouette du personnage se distingue à cause du trait de lumière qui l’illumine comme il y en avait tant dans L’œuvre de Dieu, la part du diable. Ou un petit pan du paysage typique français comme on a pu le voir dans Le chocolat. Sans oublier la romance avec un tendre du baiser à deux mains comme aurait su si bien le faire Casanova. Bref, il y a là tous les ingrédients des films de Lasse Halström dramatiques et romantiques, un film d’apprentissage et de maturation. On apprend que les différences culturelles peuvent être conquises par l’amour de la cuisine, c’est pas beau, ça ? Mirren, Mirren, on the wall, what is your favorite Indian food? Elle n’y connaît pas grand-chose Helen Mirren en cuisine indienne, son rayon touche plus à la gastronomie française récompensée par un macaron Michelin. C’est le petit Hassan (Manish Dayal) qui va la surprendre et qui va lui rouvrir les yeux sur la nouvelle cuisine qui prouve que les épices et la cuisine française peuvent faire bon ménage. Que ce soit un agneau massala ou un pigeon en croûte qui sont séparés par littéralement 100 pas, les goûts ont beau être différents, le génie est là.

 

les recettes du bonheur

© Constantin Film

On garde sur le côté un peu de compétition pour pimenter le film, avec la petite guéguerre et les réparties bien trouvées qui fusent entre le parti indien et le parti français. De l’humour bon vivant et assez gentillet, avec un Michel Blanc qui nous rappelle le patrimoine français, et une charmante Charlotte Le Bon qui commence sa conquête internationale (bientôt à l’affiche de The Walk avec Joseph Gordon-Levitt). Un mélange de franglais pas non plus désagréable qui se termine bien entendu sur un happy ending plein de bons sentiments, ce qui n’étonnera personne ayant suivi la filmographie de Halström.

Une incompréhension totale subsiste… Le voiceover français, au secours ! Pourquoi ? On en déduit donc qu’ils ont tourné en anglais et qu’ils ont rajouté du dialogue français par-dessus pour rendre le tout plus authentique ?! Non seulement ça faisait sonner étrangement le dialogue, mais en plus, le décalage des lèvres et des paroles était juste dérangeant au mieux, ridicule au pire.

Malgré tooous ces défauts, et une niasierie sans faille, Les recettes du bonheur est quand même un film vivifiant. Parce qu’il s’adresse à un public de 7 à 77 ans, qu’on rit et qu’on pleure et qu’on en ressort avec un petit sourire et une grande faim.

(P.S. : au cas où vous vous l’êtes demandé, non, le restaurant de La baleine grise n’existe pas, il s’agit en fait du Georges, situé dans le centre Pompidou qui propose de la cuisine moléculaire à un prix tout aussi spectaculaire…)