Mais jusqu’où vont aller les King ? Y’a t-il une limite à leur talent ? Comme nous le prouve (encore) cet épisode de reprise, non, la réponse est catégorique, leur maestria est intacte et résiste aux coups de soleil de l’été.

Alors que Diane prépare « secrètement » son entrée, un brin compliquée, chez Florrick/Agos, et qu’Alicia refuse en bloc de se présenter pour le poste de State Attorney, les deux premières minutes de The Line nous emmènent dans une direction totalement différente et, avouons-le, particulièrement jouissive et inquiétante.

Voilà qu’une menace judiciaire que l’on ne voit venir de nulle part s’abat sur Cary et, de manière indirecte, sur ses proches. Le retour de bâton d’avoir un client comme Lemon Bishop se fait sentir, envoyant Cary rien de moins qu’en prison. La radicalité d’un tel geste montre, de la part des showrunners, une intransigeance avec la réalité des choses qui, aussi abrupte soit-elle, ne manque pas de piquant et ne trahit pas l’essence même de la série : peu importe l’innocence ou la culpabilité (qui se pose ici de façon troublante), seul le client et le système judiciaire compte. Voilà alors « Saint Alicia », Diane et Kalinda parties en guerre contre les alliés d’hier, complexifiant encore plus les relations entre les uns et les autres. Les King semblent avoir toujours un coup d’avance et nous le font sentir, notamment par le point de vue neutralisé adopté pendant l’épisode. On ne sait pas si Cary est coupable ou innocent, personne ne le sait et si une partie des personnages ne remettent pas cela en question, il se peut que ce soit le cas à l’avenir. D’ailleurs, les dernières scènes de l’épisode vont dans ce sens et nous promettent de tristes moments.

good wife

©CBS

 

Mais quid des intrigues amorcées dans A Weird Year, le final de l’an dernier ? Et bien, elles restent, pour le moment, à l’état embryonnaire mais trouvent un développement parallèle grâce à Eli, Canning et David Lee. Chacun est sur le pied de grue et s’apprête à livrer une bataille avec les armes qu’on leur connaît. Ainsi, Eli manipule ses pions pour forcer Peter à accepter la « candidature » de sa femme. Si même les parties qui pourraient moins m’enchanter se mettent à allier humour et jeu politique de manière aussi subtile, j’avoue devoir m’incliner devant tant de maîtrise. Eli confirme de manière spectaculaire son rôle de Machiavel et Alan Cumming s’impose comme un des acteurs comique-sans-en-avoir-l’air de sa génération.De leur côté, Canning et Lee semblent sentir le vent tourner mais ne pas savoir dans quel sens il va. Ce flou partagé avec le téléspectateur rend la bataille à venir encore plus stimulante et incertaine, sans tomber dans la redite avec celle de l’an dernier.

Mais si The Good Wife brille par ses qualités scénaristiques et d’interprétation, que dire également de la réalisation ? Elle est parfaite. Robert King, qui dirige et coécrit l’épisode, s’en donne à cœur joie tout en gardant ce ton sobre et élégant, ADN de la série, arrivant à souligner les moments durs, poignants ou drôles sans jamais trop en faire.

En somme, The Good Wife revient en force avec, probablement, un de ses meilleurs épisodes (mais peut-on faire le compte désormais ?) et nous offre une reprise musclée, abrupte et (d)étonnante.