Ah, les séries qui mettent en scène des petits génies aux QI élevés pour résoudre des crises internationales… De quoi impressionner les téléspectateurs ! Et avec « Scorpion », série proposée par CBS, on avait peut-être trouvé le mix idéal entre « Mac Gyver » et « Numbers » ! Ou pas.

Walter O’Brien, surnommé « Scorpion », un homme possédant le 4ème Q.I. le plus élevé du monde, a recruté quelques-uns des plus grands génies de la planète pour fonder une société chargée de résoudre des crises urgentes et d’ampleur considérable, de celles que même la CIA ne parvient pas à régler seule. Inadaptés socialement, ils apprennent ensemble à vivre en communauté, à dépasser leurs peurs, leurs phobies et à vaincre leur solitude…

Dans le pilote de « Scorpion », on peut considérer qu’il y a deux histoires parallèles : celle de Walter et de son groupe de génies, qui se retrouvent à sauver une cinquantaine d’avions d’un énorme crash, et celle de Walter et de la serveuse Paige, qui se rapprochent en moins de 24h… Et l’une comme l’autre sont hautement improbables.

Certes, les séries ne sont pas toujours très réalistes et les scénaristes grossissent parfois le trait pour convaincre les téléspectateurs… Et ce n’est pas la première fois qu’un show joue sur le côté « recrutons des outsiders ultra intelligents pour aider la police » (rappelez-vous « Numbers » ou « Breakout Kings » dans un registre totalement différent). Alors où est-ce que cela bloque ? Sûrement lors des dialogues bourrés de termes techniques et débités à 100km/h histoire de perdre le téléspectateur et d’empêcher toute possibilité de trouver une incohérence. Ou lorsque le héros connecte son ordinateur depuis sa voiture à un avion en plein vol…le tout avec un câble. Non, ne cherchez pas à comprendre, regardez-plutôt le pilote.

© CBS

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Les relations entre les personnages sont également hautement improbables. Même en admettant qu’il y ait eu un coup de foudre dès le premier regard entre le brillant Walter et la serveuse Paige (jouée par Katharine McPhee de « SMASH »), comment expliquer qu’en quelques minutes elle devienne sa coach de vie ? À moins que l’histoire ne soit pas « garçon rencontre fille, garçon aime fille », mais plutôt « garçon rencontre fille, lui raconte toute sa vie, fille booste garçon, l’emmène dans sa voiture pour traverser la ville, fille fait une cascade, garçon sauve la fille, fille….. BREF ! » Les deux personnages sautent allègrement les étapes d’une relation normale, à tel point qu’à la fin de l’épisode, Walter lui révèle le terrible contention qui l’oppose à l’agent du FBI. C’est plutôt puissant comme « confidence sur l’oreiller ».

Vous l’aurez compris, si vous avez tendance à décortiquer chaque épisode de série en soulignant les incohérences (mon péché mignon), alors « Scorpion » risque de vous faire grincer des dents, voire lever les yeux au ciel. Mais si vous aimez les cascades à la « Fast & Furious » et les énigmes informatiques en apparence insolvables, alors peut-être que vous pourrez laisser une chance à la gueule d’ange d’Elyes Gabel.