Virée à Sherwood pour le Docteur et Clara pour ce troisième épisode de « Doctor Who ». Un vivier de moments tant épiques qu’humoristiques.

Après ses aventures intra-Dalekiennes, c’est plein de questions que le Docteur repart, en compagnie de Clara Oswald. Et comme sa bonté n’a d’égale que son ego, il laisse à Clara le choix de la future destination du TARDIS. Clara choisit alors d’aller à la rencontre de Robin des Bois, ce à quoi le Docteur lui répond que son héros d’enfance n’est qu’une légende. Il cède finalement devant l’intransigeance de sa compagnonne, et ainsi, tous deux atterrissent en 1190, accueillis par une flèche du célèbre archer. Le Docteur ne veut pas croire que l’endroit dans lequel il vient d’atterrir est réel. Et comme tout ne tourne pas toujours rond avec le Docteur, il se pourrait bien qu’il ait raison…

doctor who robot of sherwood season 8

Crédit : BBC

Réalisé par Mark Gatiss ( l’interprète de Mycroft dans « Sherlock », et par ailleurs aussi auteur de plusieurs scénarios d’épisodes de la série ), cet épisode est un vivier de moments tant épiques qu’humoristiques. L’attitude têtue so british du Docteur à ne pas croire à l’existence de Robin des Bois donne lieu à des affrontements verbaux (une dispute dans la prison) mais aussi physiques (duel à l’arc… et à la cuillère) hilarants entre le Seigneur du Temps et le Comte de Loxley. Celui-ci apparaît dans cet épisode être à Clara ce que Shakespeare a été à Martha Jones dans la saison 3 : quelqu’un qu’elle admire, mais  qu’elle n’hésite pas à vilipender.

robot sherwood doctor who season 8

Crédit : BBC

Mark Gatiss s’empare ici d’un mythe anglais bien célèbre, et démontre toute son habileté par plusieurs manœuvres, sous couvert, bien sûr, d’humour et de surgissement du surnaturel. D’une part, l’épisode ne confirme ni n’infirme de façon certaine l’existence de Robin des Bois. C’est à travers le Docteur qu’on rencontre le personnage, mais si plusieurs fois la question est posée, la réponse n’est jamais vraiment donnée. Pour extrapoler un peu, un lointain rapprochement peut, ici, se faire avec « Blade Runner », film dans lequel est posée la difficulté de reconnaître un androïde d’un homme. Eh bien ici, c’est la question du mythe et de la réalité qui est posée de manière implicite. Cette question amène même à une petite remise en question autour du Docteur : dans la dispute en prison évoquée plus haut, c’est Clara (on ne dira jamais assez combien on regrettera son personnage, actuellement sur la sellette ) qui est vue comme le leader parmi les 3 personnages. La série, bien maline, se paie par la même occasion le luxe de se moquer du Docteur ! Tout en le canonisant par son âge et son « avantage génétique certain », elle ridiculise de façon burlesque le personnage, trop occupé à se vanter pendant que celui appelé son compagnon/assistante réfléchit. De même, comme on le sait, le Docteur n’est qu’un extraterrestre, de 900 ans, qui a pris forme humaine, et ne fait pas du tout son âge. Mais qu’est ce qui permet de dire que le Docteur est plus ou moins humain que n’importe qui ? Roi de l’implicite, comme il l’a démontré dans ses scripts d’épisodes, où de petits détails amènent de grandes révélations (la créature de la fenêtre dans l’épisode « The Idiot’s Lantern », le plan des Daleks dans « Victory of the Daleks », ou même l’épisode « Night Terrors », où déjà le père ne pouvait pas voir que son enfant était en fait un extraterrestre ), Gatiss entretient également le mystère sur « the promised land », évoquée dans le premier épisode, et ici mentionnée une seconde. Comme chaque fil rouge de chaque saison, nous n’aurons la réponse qu’à la fin.

L’interprétation toute en théâtralité de Tom Riley en docteur fait sympathiquement penser aux films avec Errol Flynn ( auquel le Docteur fait référence ), et par son caractère comique tranche complètement avec le sombre Docteur de Capaldi. Celui-ci laisse franchement parler son côté extraterrestre, dans son épisode, n’ayant d’attirance que pour les robots et non pour le personnage « historique » qui semble se présenter à lui. Peter Capaldi, encore une fois brillant, reste donc dans la continuité de ce début de saison 8, à savoir un Docteur moins humain, dans tous les sens du terme, avec, il faut bien le dire, un certain ego, et traînant un fatum aux accents très shakespeariens.

Chorégraphies, humour, épique, extraterrestres : on avoue que cet épisode « classic » redécouvrant le patrimoine british est un de nos préférés. La série continue donc son petit bonhomme de chemin à travers l’espace et le temps, mais surtout à travers les bonnes idées !