SmallThings a eu l’occasion de parler avec les responsables de l’adaptation française d’Orphan Black, rediffusée dès cette semaine sur Numéro 23. Une équipe qui se plie en quatre, ou plutôt en six ou sept, pour faire vivre les différents clones incarnés par Tatiana Maslany sans y perdre au final.

Dès mercredi à 22h20, Numéro 23 diffusera la série de science-fiction « Orphan Black ». Après sa diffusion en avril dernier sur Space au Canada et BBC America aux Etats-Unis, la série a connu un succès critique assez important pour permettre à son actrice principale, Tatiana Maslany, d’obtenir un Critics Choice Award. Le bouche-à-oreille des réseaux sociaux, et la formation d’une communauté très active de fans témoignent de la montée en puissance de ce qu’on pourrait décrire comme le cousin éloigné, plus sombre, torturé et punk d’esprit, d’ « Alias ». Sara, dealeuse à la petite semaine, voit quelqu’un qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau se jeter sous une rame, et décide d’emprunter son identité. Au fur et à mesure qu’elle en apprend sur l’identité de son sosie, elle met très vite en péril son subterfuge… et sa vie, lorsqu’elle découvre des détails troublants sur la défunte.

Pour parler de l’adaptation française, réalisée par le studio belge Agent Double, SmallThings vous propose un entretien avec la doubleuse de Tatiana Maslany, Audrey d’Hulster, et la directrice de plateau, Rosalia Cuevas. Audrey d’Hulstère est connue comme la voix VF de Karen Gillan (Amy Pond) dans Doctor Who sur France 4.

Audrey D'Hulstère est la voix qui a été choisie pour incarner Sara et tous ses clones dans la version française.

Audrey D’Hulstère est la voix qui a été choisie pour incarner Sara et tous ses clones dans la version française.

Sur l’interprétation des sept rôles incarnés par Tatiana Maslany :

Audrey d’Hulstère : On en a beaucoup discuté avec la directrice de plateau. Plutôt que de partir juste sur des changements de voix, qui étaient plus artificiels, on a travaillé plus sur les graves, à l’exception de Sarah, plus sur des énergies différentes. Par exemple, pour le personnage d’Allison, la mère de famille, sa voix sera plus jeune, enthousiaste, quasiment adolescente. Pour Elena, j’ai adopté un accent russe, mais c’est plus un personnage toujours stone. Pour le personnage de Katia, qui avait un accent allemand, j’avais un petit papier avec des indications.

Rosalia Cuevas : Les personnages n’étaient pas basés sur leur changement de voix, mais sur leur changement d’attitude. Il fallait donner une énergie différente à chacune d’entre elles. Il fallait une comédienne qui soit absolument à la hauteur, et c’était le cas d’Audrey. C’était un travail très difficile, très épuisant pour elle.

Sur l’adaptation et le doublage en français de la série :

A. D’Hulstère : Sur tout travail de doublage, c’est dommage de s’éloigner de la voix française originale. Il y a plus de mots qu’en anglais. Il faut être très direct dans les expressions et c’est le travail des adaptateurs.

R. Cuevas : Si on adapte rigoureusement de l’anglais, ce n’est pas facile de rendre le même dynamisme.

Sur la connaissance de la série avant le travail de doublage:

R. Cuevas : La série avait beaucoup d’admirateurs, qui étaient très accros à faire tous ces personnages. Le directeur de production a visionné la série avant doublage et a trouvé ça sublime. On est tous devenus complètement passionnés de la série, d’autant plus que je me pose beaucoup de questions sur les énigmes à résoudre la saison prochaine.

Sur le vocabulaire scientifique et le domaine du génome :

 Audrey d’Hulstère : L’avantage c’est que Kasima (scientifique qui mène sa propre enquête autour des clones, elle-même clone de Sara, NDR) donne beaucoup d’explications. Je pense que les termes scientifiques, il y en aura beaucoup plus dans la deuxième saison.

Sur la conciliation du doublage et du théâtre pour Audrey d’Hulstère :

A. d’Hulstère : Comme on n’entend que ma voix, j’ai pu appliquer des choses que j’ai appris en théâtre, aller chercher l’énergie ailleurs, intérioriser ses émotions. Je fais un peu des deux, et là je m’apprête à remonter sur scène en 2014.