10 ans après son prometteur premier film, Garden State, Zach Braff, connu pour son rôle dans Scrubs, revient avec un second film, Wish I Was Here ( ou Le Rôle de ma Vie en francais, encore une traduction un peu foireuse bien qu’elle prenne son sens dans le film ) financé par les dons des fans sur la plateforme de crowdfunding Kickstarter. Un deuxième film sympathique, beaucoup plus convenu et moins « révolutionnaire » que Garden State. Une comédie dramatique classique à l’américaine. Décortiquage.

C’est l’histoiiiiiiire, l’histoire de… la vie d’Aidan Bloom, père de famille aimant, veillant plus ou moins à l’éducation de ses enfants Tucker et Grace, préférant ( sans succès ) se consacrer à ses rêves d’acteur, tant que son père paie les études de ces mêmes enfants dans un collège privé juif. Pendant ce temps, sa femme, Sarah, qui déteste son boulot, tente de gérer un de ses collègues un peu harceleur sexuel sur les bords, et son frère Noah un peu geek se vautre dans un camping car il n’en a rien à foutre de son père, son frère, et leur famille. Mais quand le père annonce à Aidan qu’il doit désormais consacrer son argent à un traitement contre le cancer métastasé qui le ronge, menaçant l’éducation des enfants, mais aussi son couple et l’éclatement de sa famille, Aidan comprend qu’une reprise en main généralisée est nécessaire.

Zach Braff a repris des thèmes de son premier film, notamment dans le rapport père-fils, la volonté du personnage principal de devenir acteur, entre autres. Qu’on se le dise, entre le J.D de Scrubs, le Andrew de Garden State, et le Aidan de Wish I Was Here, les écarts sont minces : tous sont des ados – néo-adultes, découvrant la vie en couple voire la vie de famille, ils sont rêveurs, ils sont sensibles, et notamment, dans les deux films, à la question des parents. Il est à rappeler que Braff a vécu un divorce puis un remariage de ses parents durant son enfance, et cela ne semble cesser de le tiquer dans ses films, pour faire un peu de psychologie de comptoir. Toutefois, entre le Andrew de Garden State et le Aidan de Wish I Was Here, il y a une génération qui s’est écoulée. Zach Braff a grandi. Wish I Was Here n’est pas un Garden State 2. Le précédent avait tout l’air d’un film générationnel. Le second est un film plus « familial », abordant des thèmes classiques tels que les relations familiales, le rapport à la religion, l’argent, le travail, le rêve…

wish i was here

©Wild Bunch

A l’ouest des Etats-Unis, pas grand-chose à se mettre sous la dent, donc, Zach Braff se calque un peu trop sur Garden State qui avait il est vrai bien marché et à juste titre. Et à trop copier/coller, on finit par, sinon ennuyer, du moins un peu décevoir le spectateur : si l’interprétation de Braff, touchant de justesse dans son rôle de Aidan, est à retenir, elle ne fait pas des scènes rythmées par de la musique parfois larmoyante des morceaux de bravoure. Braff confirme une nouvelle fois ( la 3e, ca commence à faire beaucoup ) sa capacité à jouer un personnage en quête identitaire, aux rêves impossibles et aux fantasmes certains ( Wish I Was Here offre quelques scènes d’effets spéciaux, les scènes les plus chères et voire même les plus inutiles du film, mais, on le sent, chères à Braff himself ). Au fond, comme le dit la traduction française, c’est un père acteur qui découvre que le rôle de sa vie, c’est sa vie elle-même : sa vie de famille, sa femme, ses enfants, son père, son frère. Mais Braff ne pourra pas nous occuper éternellement avec ca si lui-même veut percer dans le cinéma.

Wish I Was Here est un bon divertissement. Il permet d’ailleurs les courtes apparitions de Donald Faison ( Scrubs ) et de l’inénarrable Jim Parsons ( Sheldon dans Big Bang Theory ), ces deux-là ayant 5 min de texte à eux deux sur 1h40 de film, ce qui nous laisse un peu de regrets quand même. Mais voilà, ce n’est que BON. Pas plus. Le film est trop classique, trop lisse, pour pouvoir s’élever à la mention TRES BON. Trop convenu, parfois même lourd et réchauffé sur ses vannes ( le rapport entre Aidan et les Juifs, et la représentation quelque peu caricaturale des Juifs, ca va deux minutes, mais faut pas trop pousser non plus ), et si les acteurs des enfants sont plaisants ( notamment l’excellente Joey King en Grace ), Kate Hudson manque totalement de charme et de charisme, bien trop serrée dans son jean slim noir. Malgré tout, ce film « familial » a une certaine chaleur, une certaine aura bienfaisante et sympathique qu’il fait bon apprécier.

Pour les fans de Garden State, allez-y vous ne serez pas déçus. Pour les autres, allez-y aussi, sans vous attendre à quelque chose de dingue, mais pour passer un bon moment, avec votre copain/copine ou entre amis.