Le film catastrophe n’a plus connu d’heure de gloire depuis 2012 de Roland Emmerich qui avait mis la barre très haute avec tornade, raz de marée, tremblement de terre… Mais avec la mise en chantier de San Andreas avec The Rock et la sortie de Black Storm, on se dit que le genre est prêt à revenir.

Into The Storm, retitré sobrement Black Storm, est réalisé par  Steven Quale à qui on doit Destination Finale 5 et qui a bossé sur Avatar. Au casting ? Pas de têtes ultra connus à part ceux qui ont suivi Prison Break et Walking Dead avec Sarah Wayne Callies, et Richard Armitage, sous Hugh Jackman, le Thorin du Hobbit. On retrouve aussi Arlen Escarpeta  qui était déjà dans Destination Finale 5. L’histoire est simple : des tornades sont remarquées dans une petite ville des Etats-Unis… et personne ne s’en inquiète sauf une équipe de chasseurs de tornade.

black storm

©Warner

Quale a pris le pari d’utiliser un concept qui s’est démodé très rapidement : le found-footage. Usant et abusant de ce concept, le cinéma de genre n’a jamais su utiliser cette technique avec efficacité ou alors très peu. Black Storm gère ce procédé avec parcimonie puisque les cadreurs sont professionnels et issus de la bande des chasseurs de tornade, ce qui évite grandement des plans foireux. Outre ce gimmick de mise en scène, le film a pu récupérer un confortable budget de 50 millions de dollars pour rendre les effets spéciaux crédibles. Et il n’y a bien que ça qu’il l’est. On oublie vite qu’on est devant un film de cinéma devant la non-ambition du métrage. Outre des acteurs peu impliqués et finalement peu attirants (on est loin des castings de 2012, Twister, Le Jour d’après…), le film enfile les scènes bateaux avec la fameuse cellule familiale brisée, l’amourette ado, des personnages coincées qui se permettent de philosopher sur la vie, un bourru, des « Jack-Ass » en puissance, bref toute une panoplie de personnages  sans âme et sans grande épaisseur.

La première scène était foutrement excitante avec cette introduction rapide, qui met dans le bain et… de nuit ! Ca peut vous surprendre mais un film catastrophe de nuit est assez rare. S’en suit une heure 20 (la durée du film, courte pour une fois !) de tornades très bien faites et de personnages et scènes assez plates. Le spectateur n’aura aucune empathie pour la plupart des personnages car ils sont servis par des dialogues très très peu inspirés. Des allures de téléfilm ressortent alors pour ce Black Storm qui n’offrira que peu de moments de bravoure mais quand même pas mal de sensations fortes avec les tornades magnifiquement mises en forme. On en prend quand même plein la vue grâce à une mise en scène proche de l’action et une musique très peu présente. Pour les amateurs de destruction, il y a pas mal de scènes jouissives malgré le peu d’effort consenti pour utiliser à fond les éléments en place. Jugez par vous-même, une scène où une tornade s’enflamme, où elle emporte des avions, des camions et rien qui ne peut l’arrêter ? Mais aucun résultat probant au final, la tornade détruit mais ne rend que peu de choses.

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©Warner

C’est d’ailleurs un autre défaut, on reste dans le prisme de cette ville, rien ne ressort à part quelques flashs infos sorties d’une chaîne obscure. Personne ne semble s’inquiéter du sort de cette ville. C’est d’ailleurs à la fin, qu’on nous ressortira un peu de compassion mais dans une morale qui peine à convaincre tant on la voyait venir à des kilomètres. Dommage, Le Jour d’après arrivait dans un plan final à nous faire ressentir plus de choses qu’en une heure 20 de Black Storm. Souvenez-vous, le film de Roland Emmerich se terminait avec une vue de notre planète Terre. Un bref plan qui nous fait comprendre que Mère Nature est plus forte que nous et que nous ne sommes que des locataires, qu’il faut prendre conscience de ce que l’on fait à notre terre d’accueil. Dans Black Storm, on nous sert une simili soupe pas très digeste sur le fait de profiter de la vie avant que la Terre ne se révolte. Très égoïste au final…

Black Storm fait parfaitement son rôle de film catastrophe avec des tornades très bien foutues, un rythme aidé par la durée courte du film mais les personnages et les situations sont tellement peu engageantes qu’on peine à trouver une quelconque ambition. Un téléfilm de luxe, rien de plus.