Bigger, Louder ? Non, la réponse est claire. Ce film (qui perd son 3 si on le voit en 2D) est une réussite dans le domaine du mauvais film. Mettre des piranhas dans un club aquatique était l’idée la plus originale qu’une suite pouvait faire mais le soufflet est vite retombé.

Nullywood

Chers producteurs, réalisateurs, comédiens, je sais qu’Hollywood est impitoyable mais voici quelques conseils pour réussir un bon film.

Quand vous faites une comédie, il faut faire en sorte que les personnages aient un peu de second degré. Ici à part le ringard David Hasselhoff, aucun n’a de second degré. C’est bien simple, un film sans second degré qui se veut drôle vire au ridicule dès les premiers gags. Les personnages sont tous plus débiles les uns que les autres et on aimerait qu’une chose, c’est qu’ils se fassent tous massacrer.

Nanar assumé ou navet de compét’, Piranha DD a le cul entre deux chaises. Pourtant le film commençait bien avec une vache bouffée par des piranhas qui pète des oeufs et explose devant les yeux ébahis de ce vieux briscard qu’est Gary Busey... On se dit alors qu’on aura à faire avec un film encore plus con que le premier. Que nenni !

Cher John Gulager, apprend à tenir une caméra, il faut cadrer le sujet avec sa caméra et non pas avec son regard ou alors éviter de mettre en scène des filles assez mimi pour ne pas perdre ton attention. Cela dit vu la séquence post générique où l’on voit le réalisateur cadrait la dernière scène, on se dit que la direction d ‘acteurs est quasi inexistante. Ca se confirme avec la totalité des acteurs qui semble en roue libre et déclame leurs lignes sans émotion ou alors en surjouant. Aucun acteur n’est à l’aise ou est dans le ton de la scène. Danielle Panabaker (Friday 13th, The Flash) semble la seule concernée par l’entreprise et d’ailleurs semble la seule à être concernée par son personnage, le reste hésite entre le médiocre et le cachetonnage. Hasselhoff joue son propre rôle et si la caricature est navrante au bout de cinq minutes, il faut avouer que c’est le seul à avoir un recul nécessaire pour être totalement à l’aise avec le film.

Cher Ving Rhames et Christopher Lloyd, oui je sais, les temps sont durs pour les seconds couteaux à la gloire passée mais revenir dans vos rôles (ils jouaient dans le premier) pour une scène et demie ou jouer un semblant de personnage à la psychologie trouble ne sont pas les meilleurs choix de carrière. Oui ça crée un lien avec le premier film, oui ça fait plaisir au public concerné mais ça n’aide  ni le film, ni vos carrières.

Dans le premier film, le ballet aquatique nudiste sur fond de musique classique était un moment à part, décalé, magnifié par les naïades en scène. Ici, reprendre l’idée pour montrer Ving Rhames dézinguer du poisson dans une scène mal branlée (excusez moi l’expression), c’est un ratage.

Vous l’aurez compris, Piranha DD est une nullité, un gouffre d’une connerie abyssale. Niveau crédibilité, le fun du premier film était un atout, ici la crédibilité est mise à mal, chaque scène propose un personnage qui semble surpris de sa connerie, entre celle qui ne peut pas sauter un mètre de rivage ou qui tombe toutes les deux secondes, celle qui se rend compte que son fourgon roule sans conducteur et qui s’en étonne encore pendant qu’elle se noie, un flic qui se rend compte qu’il ne peut sauver personne sauf la fille qu’il veut pécho (on apprendra qu’elle le larguera sans raison aucune la scène d’après) et une scène de massacre finale la moins affolante du monde, c’est bien simple, tout le monde se fait bouffer mais aucun ne bouge sauf les figurants. « Ah je me fais mordre, je fais quoi ? »

Tout est mal fichu. Le massacre final n’a aucune envergure, les personnages centraux ne voient que leur nombril et leur psychologie s’est noyée dans l’évacuation de la piscine et les scènes gores se comptent sur les doigts d’une bite (excusez moi l’expression). Oui le fameux chibre a de nouveau sa scène. Si Jerry O’Connell s’en souvient dans le premier, ici on peut dire que le coïtus fut interruptus grâce à Findus. Une scène ridicule et drôle qui est très mal écrite, mal jouée et donc : à voir !

Le quota de seins nus est respecté avec un résultat supérieur au film d’Aja mais ça reste anecdotique, même du Full Frontal est disponible mais n’est pas Kelly Brooke qui veut. Cet aspect second ou troisième degré fonctionne vers la fin avec la fuite du gérant dans une séquence où s’enchainent plan poitrine, gore, gag à la ZAZ, mauvais jeu d’acteur. Du grand art.

Ma chère Katrina Bowden, tu es bien jolie et tu montres tes petites formes dans tous tes projets mais ne frustre pas le public qui vient te voir dans Piranha DD. Tu fais un bain de minuit avec option « ma chatte aime le poisson » (excusez moi encore), tu vomis devant ton copain et quand tu l’invites à te dépuceler sauvagement, tu gardes ton soutif ET ton t-shirt ? Non là il ne faut pas se plaindre que monsieur prenne du plaisir avec une relation pisciphile. Tu fais un malaise, tu te réveilles avec une culotte en sang en disant « ah ça va mieux Josh ! » alors que tu le sommets d’arrêter ses va-et-vients ? Bravo Katrina. Si en plus tu joues la tristesse avec autant de justesse que ton partenaire feint le plaisir, tu as ta place pour jouer dans le 3 puisque visiblement on n’a aucune nouvelle de toi à la fin du film.

En bref, Piranha DD est nul, le bêtisier de fin de film totalement vain et inconsistant, la scène post-générique ringarde. Ca fait plaisir. Le film sort en DVD le 6 août 2014