Californication rejoint le cimetière des longues séries qui semble se remplir de plus en plus vite. Après How I Met, Dexter et Breaking Bad et en attendant Mad Men d’ici peu, Californication était l’une des vétérans avec 7 saisons au compteur et beaucoup, beaucoup de saisons en trop.

Californication était une série sur rien ou presque. Souvent, on se demandait ce que voulait bien racontait tel épisode. Au final, on dresse sur chaque saison le portrait d’un homme en quête de sens. Après trois saisons où on se prenait encore au jeu du chat et de la souris entre Karen et Hank, voici que la saison 4 tentait de rafraichir tout ça avec l’ajout de la sublime Carla Gugino. Hélàs, la série n’ose plus et revient sans cesse à son postulat de départ et relance la machine Karen / Hank en vain. La saison 5 entre dans le milieu du rap avec ses clichés insupportables et des nouveaux personnages secondaires indigents. On n’y croit plus et malgré la saison 6 un peu moins ratée, on sent que la série n’a plus rien à offrir et à raconter. La pénible saison 7 en est la triste réalité.

Californication raconte comment Hank Moody tente de trouver un sens à sa vie dissolue sous couvert de retrouver l’inspiration dans son métier d’auteur. Compositeur de comédie musical rock, scénariste pour le cinéma ou pour la télé, Hank a toujours été au dessus de tout par un jemenfoutisme caractérisé. Son image de chien errant lui collant à la peau, il se retrouvait toujours au milieu de relations plus ou moins vouées à l’échec. La série est devenue de plus en plus méta sans faire exprès. Tom Kapinos a beau essayer, il n’a jamais réussi à faire remonter son bébé au niveau des deux premières saisons. Le scénariste se retrouve alors héros de sa propre série, prisonnier de sa propre création. La saison 7 est symptomatique de ce constat.

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©Showtime

Jugez plutôt, Hank tente de trouver l’inspiration depuis 7 saisons etKapinos savait quoi raconter, puis, de plus en plus, il se retrouvait lui-même en panne d’inspiration et la saison 7 est devenue un peu une saison en roue libre qui ne savait ni où elle allait, ni ce qu’elle voulait dire. Kapinos et Moody ne devenaient plus qu’un. Sans inspiration, Kapinos tentait de construire en vain des personnages intéressants. Moody se transformait en Kapinos cherchant les rebondissements nécessaires à sa série / vie. L’avant-dernier épisode contient dix minutes qui soulignent cet état de faits. La série de Hank est annulée et les personnages se demandent ce qu’ils peuvent faire et ce q’ils auraient pu améliorer. Ce n’est plus de la fiction. Et même Hank se dit qu’il est impuissant face à ça.

Mais venons-en à la pire idée qu’une série peut offrir : un fils caché. Hank Moody a un fils caché, croisement improbable entre Jonah Hill et Dustin Hoffman. Ce n’est pas si étonnant que ça mais terminer cette saison là-dessus et sans vraiment donner uen dimension tragi-comique à la situation, c’est petit, très petit Mr Kapinos. La mère est une aventure d’un soir jouée par Heather Graham qui fait son possible pour rendre son personnage intéressant. Et toute la bonne volonté du monde n’arrive pas à faire passer la pilule de ce fils appelé Levon, horrible bonhomme alors que ses parents sont quand même des gravures de mode.
Pendant 10 épisodes, ce fils va alors piquer la vedette à Hank et devenir un sale gosse puceau et trash. Ce dernier côté est d’ailleurs devenu moins intelligemment amené, plus direct. Trash pour trash, la série joue dans une facilité décevante entre Levon, Runkle ou encore Stu. Levon devient le pilier de cette saison qui, finalement, tiendrait la route si la série n’en était pas à sa saison 7. Mais non, pas moyen d’adhérer à cette idée surtout sans cette dimension tragi-comique regrettée. Pas unt este de paternité, pas une leçon de vie, rien. Ce Levon est là aussi pour remplir le vide crée par le départ de Becca / de l’actrice, et pour permettre sûrement à Karen de ne pas griller son personnage. Syndrôme saison 5 d’Ally McBeal, saison 9 de Scrubs, Californciation n’est plus la même série. Il reste bien les Runkles pour faire tenir le tout. Fidèles à eux-mêmes, ils parviennent à arracher les rares sourires de cette saison. L’humour est désastreux, presque tout tombe à plat, le plaisir n’y est plus.

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Comme dit plus haut, la saison tient la route prise dans son ensemble mais mise en perspective de la série, c’est un ratage. La saison part en roue libre jusqu’à cette triste idée d’accident pour Karen qui vient comme un cheveu sur la soupe et souligne le côté mal foutue de cette saison. Pire, cet évènement n’a aucune incidence et est traitée par dessus la jambe malgré un bon épisode post-accident qui se concentre sur les personnages clés de la série, les Runkles et Hank et Karen. Les flashcbaks de l’épisode fonctionnent même si on a cette impression de déjà-vu. En fait, cette saison 7 arrive tout de même à convaincre dans les rares moments où elle se permet de rejouer les sempiternelles gimmicks comme la relation Becca / Hank ou Hank / Karen. Le spectateur retrouve un peu de l’essence de la série même si on joue en terrain connu.

Le fameux épisode du diner, rendez-vous annuel qui rameute toutes les intrigues de la saison, est aussi plutôt bien fichu et cette seconde moitié de saison est un cran au-dessus de la première. Reste qu’à deux épisodes de la fin, on ne sait toujours pas comment la série peut se terminer, ce n’est qu’au travers d’une scène de l’avant-dernier épisode que l’on propose une piste et où on comprend que Hank va une nouvelle fois se tourner vers sa famille. La conclusion de la saison et de la série se fait en dix minutes, tentant de fournir une fin propre à chaque personnage. Bourré de bonnes intentions, ce final arrive péniblement à fonctionner à travers quelques personnages clés comme Becca qui revient comme un cheveu sur la soupe mais aussi comme clé de voute de toute la série.

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Du côté des Runkles, l’intrigue se déroule et finit un peu en queue de poisson. Le duo a trouvé sa force avec l’arrivée d’un troisième joueur en la personnage de Stu qui depuis quelques saisons est un personnage plus ou moins réussi. Toujours à fond, Evan Handler était encore drôle quand Duchovny se demandait quelques fois où il était. Mais putain que cet acteur vieillit bien ! Chaque saison, il devient de plus en plus sexy. (Interview de DD par là)
La série se termine sans surprise. La bonne idée a été surtout du côté de la musique avec les Foo Fighters et Elton John et comme à son habitude dans les plans de fins. Los Angeles a toujours été le théâtre des mésaventures de Hank et si la série ne lui a pas toujours rendu assez hommage, on ne peut que saluer la première et dernière scène qui rappelle que cette fuckin’California était aussi un personnage.

Comme pour How I Met, j’ai versé la petite larme pendant le générique, j’ai repensé à cette image de fin, à mon amour pour la Californie, à 7 saisons d’aventures, de Duchovny à son meilleur, de Runkle, de boobs, de jolies filles, de relation père / fille d’une justesse assez incroyable. Je n’ai pas pleuré la fin mais comme quand on dit au-revoir à un vieux pote. On a passé de bons moments mais la relation prend fin, ce vieux pote v vivre sa vie loin de mon regard, quelque fois j’y repenserai avec nostalgie mais surtout en gardant à l’esprit que… MOTHAFUCKA