On était en droit d’attendre beaucoup du premier film de Jennifer Kent, « Mr Babadook », acclamé à Gerardmer (si, si, c’est supposé être bon signe) et avec pour postulat de faire plus qu’un simple film d’horreur, à savoir une oeuvre intimiste et avant tout personnelle. 

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Le cinéma d’épouvante fait, depuis quelques années, peine à voir pour qui est accro à celui des années 80. Mis à part, quelques auteurs talentueux (Rob Zombie, Scott Dericksson, James Wan), peu de films du genre sortent en salles, et ceux pour qui c’est le cas font souvent peine à voir (le récent The Baby). Ne parlons pas des remakes des cultes de l’horreur, la plupart malheureusement donnés à de remarquables incapables (Vendredi 13, Freddy, la préquelle-remake the Thing…).


Si je me trompe, faites-le-moi savoir: entre la lumière qui s’éteint toute seule, les voix dans la tête de l’héroïne, l’enfant qui voit plus ou moins des fantômes, les visions terrifiantes, les terreurs nocturnes et j’en passe, y a-t-il un seul effet original ? Une idée selon laquelle toutes les histoires ont été racontées circule depuis quelques années dans tous les domaines artistiques, c’est dans doute ce qu’on me répondra en me lisant. Mais cela n’empêche en rien l’originalité et l’inventivité, Scott Dericksson, pour ne pas le citer, nous le prouvait déjà dans L’exorcisme d’Emily Rose (un regard neuf sur la chrétienté et la science) ou « Sinister« !

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©WildBunch



Les pillages se font nombreux dans le film de Kent, qui en est même uniquement composé : on a eu beau chercher avec la meilleure volonté du monde, trouver ne serait-ce qu’une seule idée originale dans le film s’est révélé une tâche impossible, qu’il s’agisse des effets ou de la thématique en elle-même (on citera en pagaille Evil Dead, The Grudge, Trouble Jeu, Paranormal Activity ou encore Maman, j’ai raté l’avion. Et, non, je ne plaisante pas pour le dernier). Seule la fin du film, faux retournement de situation qui tombe complètement à l’eau, semble essayer vainement de nuancer l’impression de recopie que produit le film.


Ce n’est pas le jeu d’acteur qui empêche le film de sombrer encore plus bas, en effet celui-ci est absolument désastreux pour l’ennuyeuse Essie Davis (on n’a jamais eu autant de peine à ressentir quoi que ce soit pour le personnage principal d’un film), moins mauvais pour Noah Wiseman (dont les cris hystériques agacent plus qu’ils ne terrifient), mais bien l’aspect physique du monstre, ainsi que du livre dont il est tiré. La thématique intéressante de l’inversion des rôles mère/fils, bien que sous-exploitée, est également à relever dans ce salmigondis bien-pensant.

Mais il faut admettre que, globalement, ce film que l’on était prêt à chérir déçoit, autant sur le fond que sur la forme, et témoigne d’un manque d’originalité affligeant. C’est une chose de rater un film (un film raté, mais original peut avoir la moyenne), c’en est une autre de piller l’héritage dont le film ressort. Carton rouge pour Jennifer Kent, donc.

Le film sort le 30 juillet dans nos salles.


A.M.D