Le feuilleton de l’été à la télévision, ça n’existe plus depuis quelques années. TF1 tente avec Hostages de vous faire rester devant la télé.

Hostages n’a jamais décollé mais a fidélisé 5 millions d’Américains chaque semaine aux Etats-Unis. On peut parier sur une audience similaire en France dès ce soir avec 4 (!) épisodes à 20h50 sur TF1.
Critique garantie sans spoilers importants (ou indiqués)

hostages

©CBS

La boucle est bouclée, Hostages se termine en concluant correctement son histoire. Aucune annulation n’a prématurément fauché la série en pleine histoire et une conclusion a été écrite, produite, réalisé et diffusée ! C’est suffisamment rare pour le dire. Si les audiences étaient basses, les scénaristes n’ont pas été influences ou alors très peu par le sort de la série. En effet, c’est sans éclat que la série se termine. Aucun cliffhanger, une fin quasi-banale, Hostages a fait sa vie sans vraiment interpeller le public. Hostages ne restera pas dans les mémoires, c’est certain. Série feuilletonnante au suspens étiré, souligné, surexposé et annihilé, Hostages avait les armes pour tenir en haleine. Mais comme dans de nombreuses séries (The Event, The Nine, Vanished, Traveler et à moindre mesure Prison Break), ça ne tient pas plus d’une saison, et encore ! Au bout de cinq épisodes, quand les pistes ont été explorées, il ne reste plus qu’à surjouer les situations, à créer de faux retournements de situation où en quelques secondes, on croit qu’un personnage est en danger mais il s’en sort par une pirouette ridicule. Un personnage surgit, sait tout en avance, se rate, croit qu’il est perdu, mais il y a la solution deux secondes après. Chaque personnage retournera sa veste au moins deux fois dans la série si ce n’est pas par épisode. On sait très bien que tout ne va pas se passer comme il faut. Si vous aimez le genre, ne vous attardez pas sur toute la série, sautez un ou deux épisodes à chaque fois. Vous ne louperez pas grand chose, chaque situation n’ayant aucune véritable incidence sur le reste de l’intrigue. On oublie facilement les traceurs, les blessures, les coups bas…

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Toni a du voir dans quoi elle s’est embourbée
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Faussant la mécanique même du suspens, Hostages n’a rien réinventé malgré un postulat qui aurait pu donner une série nerveuse et violente. On se demande bien comment un cast réunissant Dylan McDermott et Toni Collette a bien pu se fourvoyer là-dedans… Le reste du cast est insupportable entre la tête de Tate Donovan et celle du président des Etats Unis joué par papa Ally McBeal et son front plissé énervant), on ne désire qu’une chose : que tout le monde meurt et qu’on en finisse. Même Peyton des Frères Scott vient s’embourber en maîtresse du père de famille. Si ses robes moulantes font de l’effet, il ne lui reste pas grand chose pour briller. En y repensant, la conclusion de la série est vraiment du foutage de gueule, finalement, tout aurait pu être tellement plus simple si les personnages ne cachaient rien et que tout le monde était au courant.

Toujours est-il qu’il reste quelques qualités à la série, notamment une production value plutôt efficace entre la Maison Blanche, un hôpital, beaucoup de décors et de personnages. La série sait retenir l’attention mais n’atteint pas une qualité suffisante. 13 petits épisodes et Hostages ne reviendra sûrement pas. 5 millions d’Américains chaque semaine, une histoire qui ne peut pas durer plus d’une demi-saison, Hostages a déjà fait son temps ! Gageons que McDermott et Collette finissent dans d’autres projets plus alléchants et que le reste du cast retrouve du travail dans des téléfilms ou des séries en tant que troisièmes rôles ou victimes de la semaine (ça leur apprendra).