The Last Ship n’est pas un projet récent. Commandée en 2012 par TNT, la série produite par Michael Bay fut repoussée de quelques mois pour atterrir en ce beau mois de juin, ce qui n’est jamais une bonne indication quant à la qualité de l’oeuvre. Et The Last Ship ne sera pas l’exception à cette règle.

Bienvenue dans un monde où l’humanité est en danger d’extinction à cause d’un virus très virulent. Mais ne désespérez pas ! L’espoir de l’espèce humaine se trouve sur un destroyer de l’armée américaine, en la personne du Docteur Rachel Scott, qui est essaie de voir si un vaccin existe pour juguler cette pandémie. Les 217 membres d’équipage du navire vont donc tout faire pour l’aider dans sa quête, bravant l’adversité.

Inutile de tourner autour du pot plus longtemps : ce pilote est mauvais. Pourtant, il n’est pas tourné et joué par des inconnus : Jonathan Mostow est à la réalisation (connu pour Terminator 3 ou U-571), Michael « Awesome Pussycat » Bay est donc à la production ; devant le caméra, on retrouve des têtes connues, comme Eric Dane (Mark Sloan de Grey’s Anatomy) ou encore Adam Baldwin (Casey de Chuck). Donc normalement, on aurait pu avoir un épisode plutôt bien filmé (Mostow n’est pas un manche), qui ne volerait certes pas haut dans le fond, mais qui serait agréable à regarder.

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Rhona Mitra est aussi là ©TNT

Au final, même pas. Alors, certes, au cinquantième degré, la série est hilarante tant elle est incohérente, mal jouée et mal écrite. Si Mostow fait le travail au niveau de la réalisation – on sent que la série a les moyens pour les scènes de combat et les explosions, le reste fait assez pitié : patriotisme exacerbé (ça encore, ça pourrait passer), dialogues indigents (qui tentent à plusieurs reprises le second degré sans succès), clichés à la pelle (sur l’Armée, le sacrifice, le noir qui meurt en premier, la relation amoureuse, la taupe, les Russes), et tentative de réactivation de la Guerre Froide. Le scénario ne ressemble à rien – on a l’impression que chaque situation tombe comme un cheveu sur la soupe – et le cliffhanger final copie honteusement 24.

Si l’action avait été jouissive, tous ces défauts n’auraient pas été aussi apparents. Mais à part trois explosions, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent de ce côté-là. Du coup, The Last Ship apparaît comme un nanar de luxe à ne pas prendre au premier degré, mais ça ne fait pas oublier la médiocrité de ce pilote. A voir comment la série évolue, mais elle ne semble pas destiné à être autre chose qu’un plaisir masochiste.