Vous pouvez louer, encore pendant quelques jours, le premier film de Bryan O’Neil, “Booked Out”, pour un petit prix (2,20 €) via l’opération Label FDL de nos confrères de FilmsDeLover. Une histoire assez simple, qui dégage beaucoup de charme malgré quelques défauts de jeunesse.

Depuis début 2014, FilmsDeLover met un coup de projecteur sur des comédies romantiques indépendantes du monde entier, mis à disposition en VOD en partenariat avec les équipes des films, mis en location et en VOSTF avec des sous-titres réalisés par les équipes du site. C’est le film de 2012 “Booked Out” qui est à l’honneur ce mois-ci. L’histoire? Assez simple : Ailidh est dessinatrice de comicbooks d’anticipation, vivace, colorée et créative. A l’image de plusieurs séquences du film, qui réussissent à vraiment nous projeter dans son univers. Sa grande passion, c’est d’épier les gens à la fenêtre, et en particulier Jacob, qui a également quelqu’un à charge dans son appartement. Ailidh s’occupe aussi d’une vieille dame, qui voit des apparitions de son mari décédé et veut le rejoindre en France. Ce quatuor de personnages fournit l’essentiel de la matière narrative de « Booked Out », de manière quasi-théâtrale.

 

Cette rom-com modeste prend le temps d’introduire ses personnages, leurs obsessions, leurs blessures. Le manque d’occupation (Ailidh est vaguement libraire, mais on passe à peine deux scènes dans sa vie) et la sédentarisation des personnages pourrait donner un semblant de claustrophobie ; mais Ailidh tire « Booked Out » vers le haut, poussant Jacob vers l’extérieur et loin de l’inconnue (pour le spectateur) constamment déprimée, passant ses journées devant la télé. Copine ? Sœur ? O’Neil (également scénariste du film) ne tranche pas, du moins pas tout de suite, laissant planer le doute sur ses intentions de faire un triangle amoureux.

Jacob se laisse entraîner dans les délires d’Ailidh, et rend visite à la vieille dame de l’immeuble avec elle. « Booked Out » passe aussi par les lieux communs de la rom-com, de manière un peu brouillonne : le premier café, la session de charleston où le garçon est mal à l’aise… S’ils s’inscrivent dans le quotidien des personnages, ils décochent des sourires que par intermittences. De même, l’opposition entre la créativité et la polyvalence d’Ailidh et le caractère morne de l’appartement de Jacob, déteignant sur lui, sont soulignées par des contrastes chromatiques qui ne brillent pas par leur subtilité. Ailidh rejoint le cliché de la « Manic Pixie Dream Girl » avec un pendant plus réaliste (ses journées semblent terriblement ennuyeuses, et ses notes sur les alentours sont à la lisière du trainspotting), et malgré tous les efforts de Mirren Burke, ne parvient pas à maximiser son capital sympathie pour décocher un vrai coup de cœur. En reste une vraie proposition de rom-com, amenée par quelques idées intéressantes (dans le dernier tiers), et un vrai talent de direction d’acteurs de O’Neil.