kiss of the damned

©Magnet

Adrien continue de couvrir le Festival des Champs Elysées avec Kiss Of The Damned, film toujours inédit dans nos contrées.

Voici l’histoire d’une rencontre, entre un humain et un vampire. Ils tombent tout de suite amoureux mais ne peuvent construire une relation en raison de la nature vampiresque de l’un d’eux. Il va donc falloir que l’humain soit mordu pour devenir un vampire. Dissipons les doutes tout de suite: Kiss Of the Damned n’est pas un remake de « Twilight » (on évitera de critiquer ce dernier ici, tirer sur l’ambulance c’est pas notre genre… Hein?). Enfin si, tiens, c’est un remake de Twilight. Mais réalisé par un auteur plutôt que par une poêle à frire!

Bon, en 10 minutes de film, le problème est expédié, l’humain est mordu par la vampire et, ainsi, en devient un lui aussi. Il va donc être tenu de participer à des soirées mondaines entre créatures de la nuit comme ceux d’Only Lovers Left Alive, les vampires sont ici d’une intelligence et d’une distinction troublante et redoutable, de chasser de l’animal des forêts avec sa chère et tendre avec des séquences filmées de manière proprement inhabituelle, très saccadée, en même temps pudiques et démonstratives, et se tenir éloigné du soleil (oui, ici les vampires ne brillent pas au soleil mais brûlent à mort, la légende originelle est donc respectée). Bref, si on excepte le dernier petit détail il s’agit de vivre véritablement: comme dans les Noces Funèbres de Burton, le monde des morts est bien plus amusant et intéressant que celui des vivants.

Mais un évènement va perturber leur vie de couple parfaite: la soeur de l’héroine, magnifique brune (Roxane Mesquida, vue dans Sheitan, un subtil mélange de Romy Shneider et Eva Green, rien que ça) psychopathe -pardon, malade- et accro au sang humain débarque, pervertissant tour à tour tous les êtres chers du couple, et même l’homme lui-même. Plus que la simple « méchante » du film qui ne se limite bien sûr pas à une vague distinction manichéenne bien/mal, cette dernière est un véritable élément perturbateur, dont le simple et unique but semble être de sortir ses proches de leur conte de fées, révélant à chacun sa propre face sombre.

Rythmé par une musique parfois trop entêtante, le film bénéficie d’une esthétique plutôt gothique, sans pour autant être une simple recopie de ses modèles (sans doute expressionnistes allemands mais aussi, comme cités précédemment, Tim Burton et Jim Jarmush). Les personnages sont vraiment bien interprétés, on retrouve Milo Ventimiglia (Heroes) métamorphosé en bon acteur, Joséphine de la Baume (Rush, Un Jour) et la sublime Roxane Mesquida (Rubber) dans le rôle de la face sombre de sa sœur.

Du point de vue des thématiques, le film parle moins de l’immortalité que de la vie elle-même, bien plus amusante si on a la chance d’être encore conscient après la mort, mais également de l’amour (qui n’est ici pas longtemps impossible) et des fantasmes plus ou moins obscurs de chacun. On aimerait retrouver cette complexité dans bien des films vampiriques, et la réussite de celui-ci nous permet d’espérer encore.

A.M.D