Maps to the stars est le dernier film de David Cronenberg, dans les salles depuis la semaine dernière. Après Cosmopolis en 2012, le réalisateur s’attaque au sujet d’Hollywood. Hollywood la ville du rêve où vivent les stars… et l’envers de son décor. Un drame qui happe littéralement le spectateur et le maintient pendant presque deux heures dans une atmosphère inquiétante parfaitement maîtrisée.

maps-to-the-stars-afficheHollywood, aujourd’hui. Havana Segrand, atrice sur le retour, rêve de jouer le rôle de sa mère, décédée quelques années auparavant, dans un remake produit par son petit-ami. Malheureusement, elle n’est pas la favorite. En parallèle, elle tente de surmonter le drame de son enfance grâce à son coach.

Ce coach, c’est Sanford Weiss, auteur de livres à succès. Il est le père de Benjie, enfant prodige du cinéma, qui à 13 ans a déjà eu plusieurs rôles « importants » et une cure de désintoxication. Ce dernier est hanté par une petite fille qu’il a rencontrée à l’hôpital qui vient de mourir, mais aussi par sa soeur, la mystérieuse Agatha, éloignée de sa famille sans qu’on sache bien pourquoi, qui revient à Los Angeles et devient l’assistante personnelle d’Havana.

Les personnages de Maps to the stars ont tous quelque chose en commun : ils sont complètement barrés. Ce n’est rien de le dire. Chacun porte des névroses nées de conflit familiaux, de manque de reconnaissance, de colère, de secrets… tout cela saupoudré d’un peu d’inceste. Hollywood a une vitrine mais aussi un arrière-plan, noir et malsain, destructeur et mortifère. Les vivants sont hantés par les morts, qui les narguent et les appellent.

Dès le départ, on sent que Maps to the stars finira mal. Mais on ne sait pas du tout comment. Chaque scène est le lieu de la catharsis de l’un ou de l’autre personnage. Au lieu de nous offrir l’équivalent de douze séances de psychanalyse les unes à la suite des autres, David Cronenberg dépose cette folie touche par touche.

Julianne Moore est absolument crédible dans le rôle d’Havana, qui lui a valu la Palme d’or à Cannes. Mia Wasikowska est totalement flippante en Agatha. On sent que la jeune fille, brûlée au visage et au corps dans un incendie plus que mystérieux, nous prépare la surprise du chef. Et on n’est pas déçus. Maps of the stars maîtrise le suspens et nous maintient dans une atmosphère lourde et pesante jusqu’à la toute fin. Les scènes de la vie quotidienne d’Hollywood sont teintées d’ironie et de cruauté. Certains moments tombent dans l’horreur la plus totale. On reste scotchés, on ne décroche pas une seconde. Une réussite !

maps-to-the-stars-moore

La critique précise du Plus du Nouvel Obs : « David Cronenberg démolit Hollywood : c’est jouissif ».