Le regard du newbie sur Doctor Who ? Leo découvre la série de SF pour vous.

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©BBC

Première saison de la série de science-fiction de la BBC, à la fois déjantée et dramatique, mais aussi nouveau départ, pour le show télévisé le plus vieux du monde, démarré il y a 50 ans, en 1963.

Comme nous parlons ici de la première saison, il est important de faire un petit point sur la série en elle-même. Doctor Who raconte les pérégrinations du Docteur, un extraterrestre à l’apparence humaine, accompagné traditionnellement d’une acolyte, avec qui la relation sera tumultueuse, celle d’un choc des cultures, mais aussi très proche. Il voyage dans le TARDIS, sa machine à voyager dans le temps qui a la forme d’une cabine de police.

Cette saison, les festivités sont assurées par Christopher Eccleston dans le truculent rôle principal, accompagné par Billie Piper dans celui de l’ambitieuse Rose Tyler. Ensemble, ils vivront des aventures complètement folles, aux quatre coins du temps, du Londres des années 2000 à l’extinction du Soleil en passant par le « futur » Quatrième Grand et Généreux Empire Humain.

Première chose : cette saison souffre d’un manque de considération de la part des fans, d’une part car le charisme, en plus du talent, du duo Tennant-Smith est à l’oeuvre, mais aussi parce que ces derniers ont duré 3 saisons chacun ( nous y reviendrons dans de futurs articles), tandis que Eccleston n’en aura fait qu’une, par choix. Pour autant, cette saison est un excellent moyen de (re)découvrir l’arme secrète ancestrale de la BBC. Au diable la révérence, nous avons droit dans cette première saison à un kitsch totalement assumé, un aspect vieillot qui envoie un beau pied de nez à la figure de tous les blockbusters américains. Et franchement ca fait du bien : pas besoin de cent et de mille pour prouver qu’on peut faire quelque chose de bien.

Doctor Who

©BBC

Dès le premier épisode, on tombe déjà dans un mélange d’humour et d’action : des mannequins dans des magasins de vêtements attaquent la pauvre et sans défense Rose. Sans déconner, c’est marrant non ? Qui n’a jamais eu peur de voir ces mannequins s’animer, ces Mr et Mme Toutlemonde passifs qui vous regardent sans en donner l’impression ? Et là arrive Christopher Eccleston, nous décochant son grand sourire, l’air de dire : « Bienvenue dans mon monde ». Défiant les lois de la science et se jouant de tous les imaginaires, des scénaristes à l’esprit déjanté donnent vie aux fantasmes les plus fous : et qu’arriverait-il si les extraterrestres, ou même, si une forme de vie extraterrestre, existait ? Qui n’a jamais eu envie d’actionner un levier, faire un saut dans le temps pour voir si l’avenir est plus radieux ? Et surtout, qui n’a jamais eu envie de connaître le futur, ou bien de vivre le passé et ses secrets ?

Avec cette première saison, on est face à une véritable série de SF avec des textes très bien écrits et des personnages recherchés. Cette première saison a l’avantage d’avoir été écrite en majorité par un seul scénariste, Russell T. Davies, seulement suppléé par Mark Gatiss ou Steven Moffatt (les auteurs de la magnifique reprise moderne de Sherlock), permettant une cohérence maximale de la trame narrative, et qui sait s’adapter à beaucoup de genres comme le drame, l’horrifique ou encore l’historique ( notamment un épisode délicieusement angoissant lors de la Seconde Guerre Mondiale pendant laquelle aurait sévi un petit garçon à la recherche de sa maman… On vous laisse découvrir ! )

Christopher Eccleston joue un Docteur attachant un personnage dont la folie n’a d’égal que le sourire, aux petites blagues bien senties et à l’intelligence certaine. Mais Eccleston sait utiliser tous les atouts de son corps longiligne et de son sourire extensible pour révéler un personnage plus mélancolique, marqué par son passé, et capable de dissimuler ses sentiments pour faire face avec parfois une implacable froideur à la dure réalité. Et si le vrai héros était le anti-héros ? Un personnage qui n’a pas froid aux yeux face à ses ennemis, n’hésitant pas à appuyer sur la gâchette psychologique et physique, au risque de devenir ce personnage ambigu, qui tente de redresser les erreurs, mais qui laisse toujours une petite imperfection, voire même la mort derrière lui. Christopher Eccleston incarne ce dualisme avec brio. Quant à Rose, on dirait un mélange de Molly Hooper dans Sherlock ( elle collectionne les désaxés ) et de Watson : elle joue un contre-poids parfait au personnage charismatique du Docteur, avec le grain de folie et la passion nécessaires à accepter de telles aventures. D’autres personnages secondaires parsèment la série avec notamment Jackie, la mère névrosée et Mickey, le petit ami angoissé ( et cocu ) de Rose mais aussi John Barrowman qui interprète le Capitaine Jack Harkness, le Stallone du pauvre, l’intelligence en plus. Il n’est toutefois que seulement introduit dans cette saison, apparaissant vers la fin de la saison. Avec les deux protagonistes principaux, on a l’impression d’avoir Sherlock ( Docteur ), Watson ( Rose ) : des personnages à la fois héroïques, mais aussi sombres et assombris, des personnages en balance permanente entre le désir égoïste et l’intérêt collectif, régi par des pulsions de savoir et d’affection incontrôlables, les amenant à cultiver une relation tumultueuse, mais aussi profonde et passionnée.

A suivre, la saison 2…