Par Najat

Le festival  Séries Mania s’est achevé depuis une petite dizaine de jours, les festivaliers ont eu le temps de se remettre de leurs émotions et de leurs nuits sans sommeil, les séries les plus prometteuses sont en train d’être achetées (quand elles ne le sont pas déjà), le Forum des Images a repris son activité normale… Mais j’avais envie de revenir un peu sur cet événement, cette grande messe nationale des séries d’ici et d’ailleurs. Au début, je voulais faire une petite critique des séries qui m’ont le plus marquées, mais j’ai renoncé : il y a eu des dizaines de papiers déjà écrit sur le sujet, dans les blogs et sites. Non, ce dont je veux parler, c’est de la formidable expérience que Séries Mania peut faire vivre à un sériephile / sérievore, bien au-delà du simple visionnage de séries du monde entier. Car au-delà d’un simple festival, Série Mania est avant tout une véritable expérience.

Tout participant vous le dira : Séries Mania ne commence par à l’ouverture des portes du Forum des Images ! Le festival se prépare bien en amont de son jour d’ouverture. On en parle avec ses amis sériephiles, sur les réseaux sociaux ou IRL ; on se demande quelle sera le « line-up » (les séries sélectionnées par le comité), s’il y aura des séries dont on a entendu parler mais qu’on n’a pas eu l’occasion de voir faute de liens web ou de sous-titres français. On sonde tout le monde : qui compte venir ? Est-ce que je peux me permettre de rester toute la semaine ? Ai-je assez de jours de congé à poser ? Du coup on crâme ses RTT, on s’arrange avec son patron, on zappe les examens de fac même s’ils ont lieu la semaine d’après, on prend ses billets de train (pour ceux qui n’habitent pas en région parisienne). L’excitation commence à monter…

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Ensuite vient le dévoilement du programme, et la tension monte d’un cran. Les séries et les pitchs se révèlent, ainsi que les rencontres exceptionnelles avec les personnes derrières ces séries : cette année, le festival nous a gâté en nous proposant des rencontres avec, entre autres, Nic Pizzolatto (créateur de « True Detective »), Oona Chaplin (qui est apparu dans « Game of Thrones » et « Dates ») ou encore Simon Burke (acteur principal de « The Devil’s Playground »). Si l’on ajoute à cela la quarantaine de séries souvent inédites en France, parfois en première (voire avant-première mondiale), les marathons, les sessions de questions-réponses après les séances, les tables rondes… On ne résiste pas à l’envie de prendre ses places pour toutes les séances possibles et humainement faisables !

Quand arrive (enfin !) le premier jour du festival, l’excitation est à son paroxysme. La foule se presse devant les portes de verre, puis aux guichets pour retirer ses places. Pas question de faire une session ici et là sans y réfléchir ! L’emploi du temps est déjà organisé, il faut faire des choix car certaines séances se déroulent en même temps. Le programme du festival distribué à l’entrée devient un précieux guide, comme une carte menant à de fabuleux trésors. Les participants vont de salle en salle, pleurent devant Women, se détendent et rient lors du marathon comédies, sont circonspects devant Filhos de Puta ou Le Dégel. Certains ont la chance de croiser Oona ou Simon au détour d’un couloir ; d’autres se remémorent leurs meilleures sitcoms lors de la conférence qui leur est dédiée. Pendant 9 jours, tout le monde respire, dort et vit aux rythme des séries : une véritable course de fond qui laisse la grande majorité exténuée !

Un autre aspect très important du festival est les rencontres entre les fans. Plusieurs festivaliers viennent de toute la France (et même de Belgique et de Suisse) pour participer à cette grande fête : c’est l’occasion de rencontrer ceux qui ne sont souvent qu’un pseudo Twitter ou une photo Facebook.  On s’installe dans les espaces du rez-de-chaussée (ou au bar réservé aux accrédités pour les plus chanceux), et on discute. C’est la joie d’enfin se connaitre ou de  se retrouver, d’échanger à chaud sur les fictions que l’on vient de voir (ses coup de cœur, ses coups de gueule), de prendre des rendez-vous pour manger ensemble ou même pour aller boire un verre. Cette expérience si souvent solitaire que peut être le visionnage d’une série devient à ce moment une expérience collective, où les réactions des personnes qui vous accompagnent, l’ambiance de la salle participent au plaisir (ou déplaisir) que l’on peut ressentir en regardant les histoires se dérouler sur grand écran.

Finalement, les festivaliers rentrent chez eux avec de belles images pleins la tête, des contacts pleins le portable, un estomac rempli de snacks et de junk food engloutis à la va-vite entre deux séances, et deux semaines de fatigue dans tout le corps ! Bien au chaud chez eux, les sériephiles les plus impatients vont se mettre en chasse pour trouver les épisodes suivants des séries qui les ont marqués. Le corps a du mal à s’en remettre, mais tout cela vaut le coup, je n’en connais aucun qui regrettera d’être venu, même si le déplacement a coûté cher… L’expérience était trop belle ! C’est pour cela qu’avec déjà plus de 18 500 spectateurs seulement 5 ans après sa création, le succès de Série Mania n’est pas près de s’arrêter et il le mérite bien. En attendant, j’espère vous rencontrer au détour d’un couloir du Forum des Images l’année prochaine pour la 6 ème édition !

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